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Conseiller en gestion de patrimoine : combien ça coûte, et à partir de quel patrimoine
3 min de lecture Comparaison et décision
Les trois modes de rémunération
Les honoraires. Le client paie directement, au temps passé ou au forfait. Les ordres de grandeur observés pour un bilan patrimonial complet vont de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros selon la complexité. L’avantage est la clarté : le conseiller n’a pas d’intérêt au produit retenu. L’inconvénient est que le coût est visible et immédiat, ce qui le rend psychologiquement plus lourd que des frais prélevés silencieusement.
Les rétrocessions. Le conseiller est rémunéré par le producteur du produit souscrit, sur les frais d’entrée et sur une part des frais de gestion. Le client ne paie rien en apparence. Le coût existe pourtant : il est inclus dans les frais du contrat. Cette structure crée une incitation à orienter vers les produits les mieux rémunérés, ce qui ne signifie pas que tous les conseillers y cèdent, mais l’incitation existe et doit être connue.
Le pourcentage des encours. Le conseiller perçoit une fraction annuelle du patrimoine suivi, souvent entre 0,5 % et 1,5 %. L’incitation est alignée sur la croissance du patrimoine, mais elle décourage les recommandations qui font sortir des actifs du périmètre : rembourser un crédit, acheter un bien immobilier, faire une donation.
Beaucoup de cabinets combinent deux de ces modes.
Ce que la réglementation impose
Un conseiller en investissements financiers doit remettre, avant toute prestation, un document d’entrée en relation précisant son statut, son numéro ORIAS, son association professionnelle, ses liens éventuels avec des producteurs et ses modes de rémunération.
Il doit également formaliser sa mission dans une lettre de mission signée, et remettre une déclaration d’adéquation écrite motivant sa recommandation au regard du profil du client.
Ces documents ne sont pas des formalités : ce sont tes éléments de preuve en cas de litige, et leur absence est en soi un signal.
Le seuil de 250 000 €, et pourquoi il existe
Aucun texte ne fixe de montant minimal. Le seuil résulte d’une arithmétique simple.
Exemple. Un cabinet rémunéré à 1 % des encours perçoit 1 000 € par an pour un client détenant 100 000 €. Un suivi sérieux (bilan initial, point annuel, veille réglementaire, gestion administrative, obligations de conformité) mobilise plusieurs heures par an. À ce niveau de revenu, le suivi n’est pas rentable, et le cabinet arbitre.
Avec 250 000 €, le même client génère 2 500 € par an, ce qui rend l’accompagnement viable.
C’est ainsi que se forme un seuil de fait : non par refus explicite, mais par sélection économique. Il explique pourquoi une part importante des épargnants français n’a jamais eu accès à un conseil patrimonial individualisé, alors même que leur situation en justifierait un : un premier achat immobilier, une transmission à préparer, un choix entre PER et assurance-vie sont des décisions qui engagent des montants significatifs quel que soit le patrimoine de départ.
Quelles options en dessous du seuil
Le conseil ponctuel facturé en honoraires. Un bilan unique, sans suivi. C’est souvent le meilleur rapport coût-utilité pour une décision précise : arbitrer entre deux enveloppes, préparer une donation, revoir des clauses bénéficiaires.
Les services standardisés, en ligne, dont le coût fixe permet un tarif accessible, avec un degré de personnalisation moindre.
Les organismes non commerciaux. Certaines associations de consommateurs et structures publiques proposent une information budgétaire gratuite. Elles n’orientent pas vers des produits.
Se former. Le coût est en temps, et le sujet est accessible : les règles fiscales sont publiques, gratuites et documentées. C’est précisément l’objet de ce blog.
Les questions à poser lors d’un premier rendez-vous
Comment êtes-vous rémunéré, précisément, sur cette prestation ? Avez-vous des liens capitalistiques ou commerciaux avec des producteurs ? Que comprend exactement le suivi annuel ? Quel est le total des frais que je supporterai, toutes couches confondues ? Puis-je recevoir votre document d’entrée en relation et une lettre de mission ?
Un professionnel sérieux répond à ces cinq questions sans difficulté, et par écrit.
Questions fréquentes
Un conseiller bancaire est-il un CGP ?
Ce sont deux cadres distincts. Un conseiller bancaire est salarié d'un établissement et distribue sa gamme ; un conseiller en investissements financiers indépendant relève d'un statut réglementé propre.
Les honoraires sont-ils déductibles ?
Dans certains cas limités liés aux revenus fonciers ou professionnels. La règle générale est la non-déductibilité pour un particulier.
Comment vérifier qu'un conseiller est enregistré ?
Le registre de l'ORIAS est public et consultable en ligne.
Sources
Code monétaire et financier, articles L. 541-1 et suivants · Règlement général de l'AMF, livre III, obligations d'information, lettre de mission et déclaration d'adéquation · Directive 2014/65/UE, article 24 sur l'information relative aux coûts et aux incitations · Registre unique de l'ORIAS.
Chiffres et textes vérifiés au 14 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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