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Bilan patrimonial : ce qu'il contient et ce qu'il ne peut pas te dire

3 min de lecture IA et méthode

Les quatre volets

Volet 1. L’inventaire. Tout ce que tu possèdes et tout ce que tu dois : comptes, livrets, contrats d’assurance-vie avec leur date d’ouverture, PEA, PER, immobilier, parts de sociétés, crédits en cours avec leur taux et leur durée résiduelle.

La date d’ouverture des contrats d’assurance-vie mérite une attention particulière : elle commande toute la fiscalité des rachats, et c’est l’information la plus fréquemment absente des dossiers.

Volet 2. Les flux. Revenus, charges fixes, capacité d’épargne réelle constatée sur douze mois. Constatée, pas estimée : l’écart entre l’épargne que les gens croient dégager et celle qu’ils dégagent effectivement est considérable.

Volet 3. La fiscalité. Tranche marginale d’imposition, revenu fiscal de référence, plafonds de déduction disponibles et reports des trois années précédentes pour le PER, prélèvements sociaux applicables selon les enveloppes, un point qui a changé au 1er janvier 2026 avec la coexistence de deux taux.

Volet 4. La transmission. Situation matrimoniale, régime, donations déjà réalisées avec leur date, clauses bénéficiaires en vigueur, âge auquel les primes d’assurance-vie ont été versées.

Ce qu’un bilan révèle presque toujours

Trois constats reviennent avec une régularité frappante.

Un excès d’épargne de précaution. Des sommes importantes immobilisées sur des livrets sans fonction identifiée.

Une clause bénéficiaire obsolète. Rédigée à la souscription, jamais relue, parfois contredite par un divorce ou un décès.

Des frais inconnus. La plupart des détenteurs de contrats ignorent le total des frais qu’ils supportent, parce que ceux-ci se répartissent entre le contrat et les supports.

Aucun de ces trois constats ne demande une expertise rare. Ils demandent un inventaire complet, ce qui est une autre difficulté.

Ce qu’un bilan ne dit pas

Il ne dit pas quoi acheter. Passer de l’état des lieux à la recommandation, c’est entrer dans le conseil en investissement, activité réglementée qui suppose un statut, un recueil d’informations conforme, une déclaration d’adéquation écrite et une responsabilité engagée.

Il ne prédit rien. Aucune projection de rendement ne constitue un engagement. Une simulation à 4 % annuels est une hypothèse de travail destinée à comparer des scénarios, pas une promesse.

Il ne remplace pas un notaire sur les questions de transmission, ni un avocat fiscaliste sur les montages complexes.

La distinction avec une lettre de mission

C’est le point qui prête le plus à confusion.

Un outil qui consolide automatiquement ton patrimoine et te montre ta situation produit un état des lieux. Il n’engage aucune responsabilité professionnelle et ne donne lieu à aucun document contractuel.

Une prestation de conseil délivrée par un professionnel réglementé suppose une lettre de mission (qui précise l’étendue du travail, les honoraires, les modalités de rémunération et les éventuels liens avec des producteurs) et débouche sur une recommandation écrite et motivée.

Les deux sont utiles, et ils ne se substituent pas. Confondre l’un avec l’autre expose l’épargnant à croire qu’il est conseillé alors qu’il est seulement informé.

Exemple de ce que change un bilan complet

Exemple. Rachid, 49 ans, pense avoir une situation simple : un contrat d’assurance-vie, un PEA, un crédit immobilier.

L’inventaire complet fait apparaître un second contrat ouvert il y a dix-neuf ans chez un ancien employeur, oublié, d’une valeur de 24 000 €. Ce contrat a l’antériorité fiscale la plus forte de tout son patrimoine : c’est celui sur lequel il faudrait verser en priorité, et celui sur lequel racheter coûte le moins cher.

Sans inventaire, cette information n’existe pas. Avec elle, plusieurs décisions changent. C’est la valeur réelle d’un bilan : elle est rarement dans l’analyse, elle est presque toujours dans l’exhaustivité.

Questions fréquentes

Un bilan patrimonial est-il payant ?

Cela dépend du prestataire et de son modèle de rémunération. La question à poser est celle des liens avec les producteurs de produits.

À quelle fréquence le refaire ?

Après tout événement significatif, et par ailleurs tous les deux à trois ans.

Faut-il y inclure la résidence principale ?

Oui pour l'inventaire et la transmission, en gardant à l'esprit qu'elle n'est pas liquide.

Sources

Code monétaire et financier, articles L. 541-1 et suivants · Règlement général de l'AMF, livre III, obligations d'information et lettre de mission des conseillers en investissements financiers · Directive 2014/65/UE, article 25 sur la déclaration d'adéquation · Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

Découvrir son parcours

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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