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Protéger son conjoint : donation au dernier vivant et quotité disponible
2 min de lecture Donation et succession
Les droits légaux du conjoint
En présence d’enfants tous communs : le conjoint choisit entre l’usufruit de la totalité de la succession ou le quart en pleine propriété.
En présence d’un enfant non commun : le choix disparaît. Le conjoint reçoit le quart en pleine propriété, sans option pour l’usufruit total. C’est précisément la configuration des familles recomposées, et c’est celle où la protection légale est la plus faible.
Sans descendant, les droits du conjoint sont plus étendus, en concours éventuel avec les ascendants.
S’y ajoutent des droits propres sur le logement : un droit temporaire d’un an, et un droit viager d’habitation sur la résidence principale, à demander dans le délai prévu.
Ce que la donation entre époux apporte
Elle élargit la quotité dont le conjoint peut bénéficier et, surtout, elle lui ouvre une option à exercer au décès, généralement entre :
- l’usufruit de la totalité de la succession ;
- le quart en pleine propriété et les trois quarts en usufruit ;
- la quotité disponible en pleine propriété, soit la moitié avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus.
L’intérêt majeur est là : le choix se fait au moment du décès, en fonction de la situation réelle du survivant : son âge, ses besoins, la composition du patrimoine, ses relations avec les enfants. Aucune décision prise vingt ans plus tôt ne peut être aussi bien calibrée.
Elle est révocable unilatéralement et sans avoir à en informer le conjoint, sauf lorsqu’elle est insérée dans un contrat de mariage.
L’exemple chiffré
Exemple. Patrick décède, laissant 800 000 € dont la résidence principale à 500 000 €. Son épouse a 68 ans. Deux enfants communs.
Sans donation entre époux. Elle choisit entre l’usufruit de la totalité ou le quart en pleine propriété, soit 200 000 €.
Avec donation entre époux. Elle peut opter pour le quart en pleine propriété et les trois quarts en usufruit, ce qui lui assure la pleine disposition d’une partie du patrimoine et l’usage du reste sa vie durant.
L’arbitrage réel. L’usufruit total protège le cadre de vie mais ne donne aucune liquidité en pleine propriété. La pleine propriété donne de la liquidité mais réduit l’étendue du contrôle. À 68 ans, l’usufruit est valorisé à 40 % selon le barème de l’article 669, une donnée qui compte dans le calcul des droits des enfants.
Dans tous les cas, le conjoint est exonéré de droits de succession.
Ce que la donation entre époux ne fait pas
Elle ne prive pas les enfants de leur réserve.
Elle ne remplace pas une assurance-vie, qui reste le meilleur outil pour transmettre de la liquidité immédiatement disponible au survivant, sans attendre le règlement de la succession.
Elle ne règle pas la question du logement en famille recomposée, où l’usufruit du conjoint sur un bien destiné aux enfants d’un premier lit reste un sujet de tension, quelle que soit sa validité juridique.
Sources
Code civil, articles 757 et suivants, 764 et 765-1 (droit viager au logement), 1094-1 et 1096 (donation entre époux) · Code général des impôts, articles 669 et 796-0 bis.
Chiffres et textes vérifiés au 16 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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