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Livret A ou LDDS : la différence est plus mince qu'on croit
Mis à jour le 4 min de lecture Épargne réglementée
Ce qui est strictement identique
Le taux. Le LDDS est légalement aligné sur le livret A, sans exception ni décalage : quand l’un bouge, l’autre suit le même jour.
La fiscalité. Ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ni ligne sur la déclaration. Cela reste vrai en 2026 alors que les prélèvements sociaux sont passés à 18,6 % sur la plupart des autres placements financiers.
La disponibilité. Retrait à tout moment, sans pénalité, sans préavis, sans perte des intérêts déjà acquis.
Le calcul des intérêts. Même règle des quinzaines, même capitalisation au 31 décembre.
La garantie. Les sommes sont garanties par l’État sur le livret A, et couvertes par le fonds de garantie des dépôts sur le LDDS à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement.
Les trois différences qui existent vraiment
Le plafond. 22 950 € sur le livret A, 12 000 € sur le LDDS. C’est la différence la plus concrète.
L’accès. Le livret A est ouvert à tous, y compris aux mineurs dès la naissance et aux personnes morales dans certains cas. Le LDDS est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France, à raison d’un par contribuable, donc deux par foyer fiscal.
La destination des fonds. Les dépôts du livret A financent majoritairement le logement social et la politique de la ville via la Caisse des dépôts. Le LDDS oriente une partie de sa collecte vers la transition écologique, l’économie sociale et solidaire et le financement des PME. Il offre aussi un mécanisme de don à une entreprise de l’économie sociale et solidaire, proposé chaque année par ta banque, souvent sous la forme d’un message dans l’espace client que personne ne lit.
Si l’usage de ton épargne compte pour toi, c’est la seule différence qui porte du sens. Mais sois lucide sur son ampleur : ton épargne réglementée finance des projets fléchés, elle ne choisit pas des entreprises.
Exemple. Léa dispose de 30 000 € d’épargne de précaution. Le débat « livret A ou LDDS » n’a pas lieu d’être : elle remplit son livret A à 22 950 €, place les 7 050 € restants sur son LDDS, et perçoit exactement les mêmes intérêts que si la répartition était inverse : 510 € sur l’année à 1,70 %.
Alors pourquoi la question revient sans arrêt ?
Parce que les banques présentent souvent le LDDS comme un produit distinct, avec son propre argumentaire commercial. Dans les faits, c’est une extension du livret A avec un plafond plus bas.
La vraie question n’est pas de choisir entre les deux, mais de savoir combien laisser dessus au total. Un couple peut cumuler 69 900 € sur ces deux produits. Très peu de ménages ont besoin d’une réserve de cette taille immédiatement mobilisable.
Ce que couvre réellement la garantie
La formulation « garanti par l’État » circule beaucoup, et elle mérite d’être précisée, parce que les deux produits ne reposent pas sur le même mécanisme.
Les sommes déposées sur le livret A bénéficient d’une garantie de l’État, dans les conditions prévues par le Code monétaire et financier. Celles déposées sur le LDDS relèvent du fonds de garantie des dépôts et de résolution, à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement.
Deux conséquences pratiques en découlent.
La première est que le plafond de 100 000 € s’apprécie par établissement, tous comptes confondus : compte courant, LDDS, comptes à terme et autres dépôts du même client dans la même banque s’additionnent. Un ménage disposant de sommes importantes en dépôts a donc intérêt à les répartir sur plusieurs établissements, ce qui n’a rien à voir avec le rendement mais tout avec la protection.
La seconde est que cette garantie ne couvre que des dépôts. Les titres, les parts de fonds et les unités de compte d’un contrat d’assurance-vie relèvent de mécanismes différents, avec leurs propres plafonds et leurs propres règles.
Sur un livret réglementé, le risque de perte en capital est donc nul en pratique. C’est précisément ce qui justifie d’y loger l’épargne de précaution, et rien d’autre.
Combien laisser sur les deux, au total
C’est la seule question qui mérite une réponse, puisque le choix entre les deux produits n’en est pas un.
Le raisonnement ne part pas du plafond disponible mais du besoin. Trois à six mois de dépenses courantes, selon la stabilité des revenus et les charges fixes, ce que détaille Combien garder sur son livret A ? La règle de l’épargne de précaution.
Exemple. Un couple dont les dépenses mensuelles s’élèvent à 2 800 € vise entre 8 400 € et 16 800 €. Le livret A de l’un suffit largement à loger cette somme : le second livret A et les deux LDDS restent alors disponibles pour autre chose, ou vides.
L’erreur symétrique existe aussi, et elle est moins commentée : conserver une réserve trop mince par crainte de « bloquer » de l’argent, puis recourir à un crédit renouvelable au premier imprévu. Le coût de ce crédit dépasse de très loin le manque à gagner d’un livret peu rémunéré.
Entre les deux excès, le bon montant se calcule une fois, se note, et se revoit lorsque la situation change.
Questions fréquentes
Puis-je avoir deux LDDS ?
Non, un seul par contribuable. Un couple marié ou pacsé peut en détenir deux au total.
Le LDDS rapporte-t-il moins que le livret A ?
Non, le taux est identique par construction légale.
Lequel remplir en premier ?
Sans importance financièrement. Par commodité, commence par celui dont le plafond est le plus élevé.
Un enfant peut-il avoir un LDDS ?
Non. Le LDDS est réservé aux personnes majeures fiscalement domiciliées en France, à raison d'un par contribuable. C'est l'une des trois différences réelles avec le livret A, qui peut lui être ouvert dès la naissance. Pour un mineur, les options sont donc le livret A et, à partir de douze ans, le livret jeune.
Que deviennent ces livrets au décès du titulaire ?
Ils sont clôturés et les sommes entrent dans la succession, où elles suivent le régime des droits de mutation comme n'importe quel autre avoir. L'exonération fiscale du livret A et du LDDS porte sur les intérêts pendant la vie du titulaire : elle ne confère aucun avantage successoral, contrairement à l'assurance-vie. C'est un point que beaucoup découvrent tardivement, et il explique pourquoi une épargne réglementée pleine ne remplace pas une réflexion sur la transmission.
Faut-il les répartir entre plusieurs banques ?
Pour le rendement, non : le taux est identique partout, fixé par l'État. Pour la protection, la question se pose au-delà de 100 000 € de dépôts dans un même établissement, plafond de la garantie applicable aux dépôts par déposant et par banque. Le livret A bénéficiant d'une garantie de l'État, le sujet concerne surtout les autres dépôts détenus dans la même enseigne.
Peut-on transférer son livret A dans une autre banque ?
Il n'existe pas de transfert à proprement parler : la procédure consiste à clôturer le livret dans l'ancienne banque et à en ouvrir un dans la nouvelle, le solde étant viré entre les deux. L'opération est gratuite et n'entraîne aucune perte de capital. Attention seulement au calendrier des quinzaines : organise la clôture et le nouveau versement de façon à ne pas perdre inutilement une quinzaine d'intérêts entre les deux.
Sources
Arrêté du 29 juillet 2026, Journal officiel du 31 juillet 2026 · Code monétaire et financier, articles L. 221-1 et suivants · Service-public.fr, fiches livret A et LDDS · Fonds de garantie des dépôts et de résolution.
Chiffres et textes vérifiés au 14 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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