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Transmettre une entreprise : le pacte Dutreil après la réforme 2026
2 min de lecture Donation et succession
Le mécanisme
Les titres d’une société exerçant une activité opérationnelle peuvent être transmis, par donation ou succession, avec une exonération de 75 % de leur valeur, sous trois conditions.
Un engagement collectif de conservation, pris par le donateur avec d’autres associés, portant sur un pourcentage minimal des titres, d’une durée d’au moins deux ans.
Un engagement individuel de conservation pris par chaque bénéficiaire. La loi de finances pour 2026 en a porté la durée de quatre à six ans.
L’exercice d’une fonction de direction par l’un des signataires pendant une durée déterminée.
Ce que la réforme change en pratique
La durée totale d’immobilisation des titres passe d’environ six ans à environ huit ans. Pour un repreneur familial, cela allonge la période pendant laquelle une cession, même partielle, remettrait en cause l’exonération.
Concrètement, cela pèse sur trois situations : une ouverture du capital à un tiers pendant la période, un désaccord entre héritiers conduisant l’un d’eux à vouloir sortir, et une opération de restructuration mal cadrée.
Le dispositif reste extrêmement puissant. Mais il exige désormais une visibilité sur huit ans, ce qui n’est pas neutre pour une PME.
L’exemple chiffré
Exemple. Une société familiale valorisée 4 000 000 €, transmise par donation à deux enfants, à parts égales.
Sans Dutreil. Part de chaque enfant : 2 000 000 €. Après abattement de 100 000 € : 1 900 000 €. Droits de l’ordre de 660 000 € par enfant, soit environ 1 320 000 € au total. Une somme que les enfants ne peuvent généralement acquitter qu’en vendant une partie de l’entreprise, ce que le dispositif cherche précisément à éviter.
Avec Dutreil. Base exonérée à 75 % : chaque part est retenue pour 500 000 €. Après abattement de 100 000 € : 400 000 €. Droits de l’ordre de 78 000 € par enfant.
Économie : plus de 1 160 000 €. C’est le dispositif de transmission le plus puissant du droit français, et de loin.
Les points de vigilance
L’activité opérationnelle. Les sociétés à prépondérance patrimoniale ou de gestion d’un patrimoine privé sont exclues. La frontière, pour les holdings mixtes, est la source principale de contentieux.
Les engagements formels. Le dispositif est de droit strict : une attestation manquante, un engagement mal rédigé, une fonction de direction non exercée effectivement suffisent à le faire tomber.
Le suivi dans le temps. Huit ans de vigilance, avec des obligations déclaratives.
L’anticipation. Un pacte se prépare des années à l’avance, idéalement avant même que la transmission soit envisagée concrètement.
Sources
Code général des impôts, article 787 B · Loi de finances pour 2026, dispositions portant l'engagement individuel de conservation de quatre à six ans · BOFiP, exonération partielle des transmissions d'entreprises · Jurisprudence sur la notion d'activité opérationnelle des holdings animatrices.
Chiffres et textes vérifiés au 16 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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