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Clause bénéficiaire : cinq formulations et ce qu'elles produisent

3 min de lecture Assurance-vie

Pourquoi cette ligne pèse autant

Tout ce qui précède (l’abattement de 152 500 €, l’exonération du conjoint, la transmission hors succession) ne se déclenche que par la désignation d’un bénéficiaire. Sans désignation valable, le capital réintègre la succession et perd son régime propre.

C’est une ligne de texte, modifiable à tout moment par simple courrier à l’assureur, et que la plupart des souscripteurs n’ont pas relue depuis la signature.

Cinq formulations et leurs effets

1. La clause type : « Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers. »

C’est la clause par défaut de la majorité des contrats, et elle convient à beaucoup de situations. Le conjoint reçoit tout, exonéré. Si le conjoint est décédé, les enfants se partagent à parts égales, chacun avec son abattement.

Sa limite : elle n’utilise aucun abattement au premier décès, puisque le conjoint est déjà exonéré.

2. « Mon conjoint » seul.

Si le conjoint décède avant l’assuré et que la clause n’a pas été modifiée, il n’y a plus de bénéficiaire. Le capital retombe dans la succession, avec perte totale de l’avantage fiscal. C’est l’accident le plus fréquent.

3. « Mes enfants » sans « vivants ou représentés ».

Si l’un de tes enfants décède avant toi, sa part n’est pas transmise à ses propres enfants. Elle est répartie entre les autres enfants survivants. Tes petits-enfants orphelins sont exclus. L’ajout de trois mots règle le problème.

4. La clause démembrée : « Mon conjoint pour l’usufruit, mes enfants pour la nue-propriété. »

Le conjoint dispose du capital sa vie durant, à charge de restitution, et les enfants recueillent au second décès. L’abattement des enfants est utilisé au premier décès, au prorata de la valeur de leur nue-propriété. C’est un montage efficace mais technique, qui crée une créance de restitution entre le conjoint et les enfants. Il ne s’improvise pas.

5. La clause à options : « Mon conjoint, à concurrence de la quotité qu’il choisira, le solde à mes enfants. »

Elle laisse au conjoint le soin de décider, au moment du décès, quelle fraction il prend. C’est la formulation la plus souple, car elle s’adapte à une situation que personne ne connaît à l’avance. Elle demande une rédaction soignée, car les options doivent être définies précisément.

Le cas chiffré qui illustre l’enjeu

Exemple. Martine a 800 000 € sur son contrat, versés avant 70 ans, un conjoint et deux enfants.

Clause « mon conjoint » seul. Le conjoint reçoit 800 000 € exonérés. Aucun abattement enfant n’est utilisé. Au second décès, ces 800 000 € entrent dans la succession du conjoint, où les enfants ne disposent que de l’abattement successoral classique.

Clause « mon conjoint pour 40 %, mes enfants pour 60 % ». Le conjoint reçoit 320 000 € exonérés. Chaque enfant reçoit 240 000 €, dont 152 500 € exonérés, soit 87 500 € taxés à 20 % = 17 500 € par enfant.

Coût immédiat : 35 000 €. Mais 305 000 € ont définitivement quitté l’assiette taxable au second décès. Selon la situation, l’opération est gagnante ou perdante, et c’est précisément pourquoi elle mérite un calcul, pas une clause type.

Les cinq réflexes de relecture

Relis ta clause après tout changement de situation : mariage, divorce, PACS, naissance, décès.

Vérifie la présence de « vivants ou représentés » si tu désignes tes enfants.

Évite de nommer les bénéficiaires par leur seul nom sans lien de parenté : un homonyme ou un changement d’état civil crée des litiges. Préfère « mon fils Paul Dupont, né le… ».

Indique à l’assureur où trouver les bénéficiaires. Des capitaux non réclamés attendent chaque année faute de coordonnées.

Fais relire les clauses démembrées ou à options par un professionnel. Ce sont des montages à effets durables.

Questions fréquentes

Puis-je modifier la clause à tout moment ?

Oui, tant que le bénéficiaire n'a pas accepté sa désignation. Une acceptation rend la clause irrévocable sans son accord.

Le bénéficiaire doit-il être informé ?

Non, et beaucoup préfèrent la discrétion. Mais il faut alors que quelqu'un sache que le contrat existe.

Peut-on désigner une association ?

Oui, et les organismes d'intérêt général sont exonérés de tout prélèvement.

Sources

Code des assurances, articles L. 132-8, L. 132-9 et L. 132-25 · Code général des impôts, article 990 I · Loi du 13 juin 2014 dite loi Eckert sur les contrats non réclamés.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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