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PER ou assurance-vie : le choix dépend de ta tranche marginale

3 min de lecture Assurance-vie

Deux logiques fiscales inverses

Le PER fonctionne sur le principe du report d’imposition. Tes versements sont déductibles de ton revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. En contrepartie, la sortie est imposée : le capital correspondant aux versements déduits est soumis au barème de l’impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire.

L’assurance-vie ne déduit rien à l’entrée. Mais l’argent reste disponible à tout moment, et après huit ans, la sortie bénéficie de l’abattement annuel et du taux réduit.

Le PER n’est donc pas « plus avantageux » ou « moins avantageux ». Il déplace l’impôt dans le temps. La question est de savoir si ce déplacement te fait gagner ou perdre.

Le seul calcul qui compte

L’avantage du PER est égal à l’écart entre ta tranche marginale d’imposition au moment du versement et ta tranche marginale au moment de la sortie.

Si tu es à 41 % aujourd’hui et que tu seras à 30 % à la retraite, le PER te fait gagner 11 points sur chaque euro versé. Si tu es à 11 % aujourd’hui et que tu seras à 11 % à la retraite, le PER ne t’apporte presque rien, et te coûte la disponibilité de ton épargne pendant vingt ans.

C’est pourquoi la réponse usuelle est : le PER devient intéressant à partir de la tranche à 30 %, et franchement intéressant à 41 % ou 45 %. En dessous, l’assurance-vie l’emporte presque toujours.

Le cas chiffré

Exemple. Olivier, 45 ans, tranche marginale à 41 %, verse 10 000 € par an pendant vingt ans. Il anticipe une tranche à 30 % à la retraite.

Sur un PER. Chaque versement lui fait économiser 4 100 € d’impôt, soit 82 000 € sur vingt ans. Son effort d’épargne réel n’est que de 118 000 € pour 200 000 € placés. À la sortie en capital, la part correspondant aux versements sera imposée à 30 %, soit un coût d’environ 60 000 € si elle est étalée, plus la fiscalité sur les gains.

Sur une assurance-vie. Aucune économie à l’entrée. 200 000 € placés pour 200 000 € d’effort. À la sortie, après huit ans, seuls les gains sont imposés, avec abattement annuel et taux de 7,5 %.

Sur ce profil, le PER ressort gagnant, principalement grâce à l’écart de onze points de tranche. Change un seul paramètre (une tranche à 30 % aujourd’hui et 30 % demain) et l’avantage disparaît presque entièrement.

Les trois facteurs non fiscaux qui tranchent souvent

La disponibilité. Le PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage. Si tu peux avoir besoin de cet argent, la question fiscale devient secondaire.

La transmission. Les deux enveloppes ont un régime successoral favorable, mais différent, et celui du PER assurantiel dépend de l’âge au décès et non de l’âge au versement. La comparaison demande un examen au cas par cas.

La lisibilité. Le PER impose de suivre ses plafonds de déduction, ses reports sur trois ans, ses versements déduits ou non déduits. C’est gérable, mais ce n’est pas neutre.

Ce qui a changé en 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé les prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % sur les revenus du capital. Les gains du PER supportent le nouveau taux, tandis que l’assurance-vie a été explicitement exclue de la hausse.

Ce différentiel de 1,4 point sur les gains ne renverse pas l’arbitrage, dominé par l’écart de tranches. Mais il joue à la marge, et il va dans le sens de l’assurance-vie.

Questions fréquentes

Peut-on avoir les deux ?

Oui, et c'est fréquent. Le PER pour la part de long terme dédiée à la retraite, l'assurance-vie pour la souplesse.

Que devient le PER en cas de décès avant la retraite ?

Le capital est transmis aux bénéficiaires désignés, avec un régime qui dépend de l'âge au décès.

Le plafond de déduction est-il reportable ?

Oui, les plafonds non utilisés des trois années précédentes sont mobilisables.

Sources

Code monétaire et financier, articles L. 224-1 et suivants sur le PER · Code général des impôts, articles 163 quatervicies et 125-0 A · Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 · Loi Pacte du 22 mai 2019.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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