Le principe
Le plan d’épargne retraite, créé par la loi Pacte en 2019, a unifié les anciens dispositifs. Il existe en version individuelle et en versions collectives proposées par l’entreprise.
Son mécanisme central est le report d’imposition. Les versements volontaires sont déduits du revenu imposable de l’année, ce qui produit une économie d’impôt immédiate proportionnelle à ta tranche marginale. En contrepartie, la sortie est imposée.
Le PER n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales de 10 000 € par an, ce qui en fait l’un des rares leviers fiscaux non contingentés.
Les plafonds applicables en 2026
Pour un salarié, le plafond de déduction correspond au plus élevé des deux montants suivants :
- 10 % des revenus professionnels nets de 2025, dans la limite de huit fois le PASS 2025, soit 37 680 € au maximum ;
- ou 10 % du PASS 2025, soit un plancher de 4 710 €, applicable même sans revenu professionnel.
Pour un travailleur non salarié, la formule est plus généreuse : 10 % du bénéfice imposable dans la limite de huit PASS 2026, majoré de 15 % de la fraction comprise entre un et huit PASS, soit un maximum de 88 911 €, avec un plancher de 4 806 €.
Ton plafond personnel figure sur ton avis d’impôt, rubrique « plafond épargne retraite ». C’est le seul chiffre à utiliser : il tient compte de tes cotisations d’épargne retraite d’entreprise, qui viennent s’imputer dessus.
Les deux changements de 2026
Le report passe de trois à cinq ans. Les plafonds non utilisés se cumulaient jusqu’ici sur les trois années précédentes. Pour les droits nés à compter du 1er janvier 2026, la durée de report est portée à cinq ans. Concrètement, un contribuable qui n’a pas versé pendant plusieurs années dispose d’une réserve de déduction plus importante, mobilisable lors d’une année à revenu exceptionnel.
Les versements après 70 ans ne sont plus déductibles. C’est une restriction nette, qui met fin à un usage patrimonial du PER en fin de vie. Elle rapproche la logique du PER de sa finalité affichée, la préparation de la retraite.
Une possibilité reste méconnue : les plafonds sont mutualisables entre conjoints mariés ou pacsés, en cochant la case correspondante de la déclaration de revenus. Cela permet au conjoint disposant du plafond le plus élevé d’en faire bénéficier le foyer.
Les trois compartiments, et pourquoi ils ne se valent pas
Un PER unique abrite en réalité trois poches distinctes, qui obéissent chacune à ses propres règles de sortie et de fiscalité. C’est le point le plus structurant du produit, et le plus rarement expliqué.
Le compartiment individuel reçoit tes versements volontaires. C’est celui dont il est question dans la quasi-totalité des articles sur le PER : déduction à l’entrée, imposition au barème à la sortie, sortie libre en capital ou en rente.
Le compartiment collectif reçoit l’épargne salariale : participation, intéressement, abondement de l’employeur, jours de compte épargne temps. Ces sommes n’ont pas été déduites, puisqu’elles bénéficiaient déjà d’un régime de faveur à l’entrée. À la sortie, la part correspondant aux versements est exonérée d’impôt sur le revenu, seuls les gains supportant les prélèvements sociaux. C’est, fiscalement, la poche la plus avantageuse des trois.
Le compartiment obligatoire reçoit les cotisations versées au titre d’un dispositif rendu obligatoire par l’entreprise. C’est le seul qui impose une sortie en rente dès lors que le montant dépasse un certain seuil, sans option pour le capital.
La conséquence pratique est directe : au moment de liquider, tu ne disposes pas d’un capital mais de trois, et l’ordre dans lequel tu les mobilises change l’impôt payé. Mobiliser d’abord le compartiment collectif, exonéré, avant d’entamer le compartiment individuel, imposé au barème, est le plus souvent le bon réflexe.
Lors d’un transfert vers un nouveau PER, les compartiments se transfèrent à l’identique : une somme issue de l’épargne salariale conserve son régime de faveur, elle ne se transforme pas en versement volontaire. Vérifie que ton nouveau gestionnaire assure bien ce suivi par compartiment, car c’est lui qui conditionne la fiscalité à la sortie, parfois vingt ans plus tard.
Le blocage et ses exceptions
Les sommes sont indisponibles jusqu’à la retraite. Six cas de déblocage anticipé existent :
- acquisition de la résidence principale ;
- invalidité du titulaire, de son conjoint ou de ses enfants ;
- décès du conjoint ou partenaire de PACS ;
- expiration des droits au chômage ;
- surendettement ;
- cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire.
Le cas de la résidence principale mérite attention : le déblocage est possible, mais le capital correspondant aux versements déduits est alors imposé au barème, ce qui peut représenter une charge importante l’année de l’achat.
La fiscalité de la sortie
Elle dépend du choix fait à l’entrée.
Versements déduits. À la sortie en capital, la part correspondant aux versements est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, et les gains au prélèvement forfaitaire. Depuis 2026, les prélèvements sociaux applicables aux gains du PER sont de 18,6 %.
Versements non déduits. Si tu as renoncé à la déduction à l’entrée (ce qui est pertinent quand tu n’es pas ou peu imposable), la part correspondant aux versements ressort en franchise d’impôt, seuls les gains étant taxés.
En rente, la fiscalité suit le régime des pensions ou celui des rentes viagères à titre onéreux, selon que les versements ont été déduits ou non.
Les frais, le poste qu’on compare rarement
Le PER cumule les mêmes couches de frais qu’une assurance-vie, mais avec une durée de détention en général bien plus longue, ce qui amplifie mécaniquement leur effet.
Quatre lignes à demander par écrit avant de signer :
- les frais sur versement, qui se négocient et sont nuls chez la plupart des acteurs en ligne ;
- les frais de gestion du contrat, prélevés chaque année sur l’encours ;
- les frais internes des supports, prélevés en plus par les fonds eux-mêmes et invisibles sur les relevés ;
- les frais d’arrérages, prélevés sur chaque versement de rente si tu choisis cette sortie.
Sur trente ans, un écart de 0,5 point de frais annuels ampute le capital final d’environ 14 %. Sur un contrat de 150 000 €, cela représente près de 20 000 €, davantage que ce que produit la plupart des arbitrages de supports sur lesquels se concentre l’attention des épargnants.
Un point mérite d’être vérifié spécifiquement sur le PER : les frais de transfert. Ils sont plafonnés après cinq ans de détention, et le plus souvent nuls au-delà. Avant cette durée, ils peuvent rendre un changement de gestionnaire coûteux, ce qui rend le choix initial plus engageant qu’il n’en a l’air.
Questions fréquentes
Peut-on avoir plusieurs PER ?
Oui, et les transférer. Vérifie les frais de transfert avant.
Que devient le PER au décès ?
Le capital est transmis aux bénéficiaires désignés, avec un régime qui dépend de l'âge au décès.
Le PER est-il adapté à une tranche à 11 % ?
Rarement. L'avantage à l'entrée est trop faible pour compenser le blocage. Voir « PER ou assurance-vie : le choix dépend de ta tranche marginale ».
Sources
Code monétaire et financier, articles L. 224-1 et suivants · Code général des impôts, article 163 quatervicies · Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 9 · Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 · Loi Pacte du 22 mai 2019 · Avis d'impôt, rubrique « plafond épargne retraite ».
Chiffres et textes vérifiés au 14 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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