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Assurance-vie et PEA quand on s'expatrie : ce qui change vraiment

4 min de lecture Expatriation

Le tableau de synthèse

EnveloppeEffet du départ
Assurance-vieLe contrat se conserve. La fiscalité des rachats dépend de la convention ; les prélèvements sociaux ne sont en principe plus dus par un non-résident
PEALe plan se conserve dans la plupart des cas ; il est clôturé si vous vous installez dans un État ou territoire non coopératif
Compte-titresSe conserve ; les plus-values mobilières sont généralement imposables dans l’État de résidence
PERSe conserve ; le traitement de la sortie dépend de la convention

L’assurance-vie

Le contrat se conserve. Le départ n’oblige ni à racheter, ni à transférer. L’antériorité fiscale des huit ans continue de courir.

La fiscalité des rachats change. En droit interne, les produits d’un contrat français versés à un non-résident supportent un prélèvement forfaitaire dont le taux dépend de l’ancienneté du contrat. Mais la plupart des conventions attribuent le droit d’imposer ces produits à l’État de résidence, ce qui conduit, sur justification, à écarter ou à réduire le prélèvement français.

Les prélèvements sociaux ne sont en principe plus dus. Les prélèvements sociaux sur les produits de placement visent les résidents. Un non-résident en est en principe dispensé sur ses rachats. Pour un contrat mûr aux gains importants, c’est un effet financier direct et substantiel, puisqu’il s’agit de 17,2 %.

La transmission mérite un examen spécifique. Les régimes des articles 990 I et 757 B comportent des conditions tenant à la résidence de l’assuré et du bénéficiaire. Un contrat parfaitement calibré du vivant en France peut produire un résultat différent si l’assuré décède non-résident, ou si le bénéficiaire l’est. C’est le point le plus technique du sujet, et celui qui justifie le plus un avis dans les deux pays.

Point pratique souvent bloquant : beaucoup d’assureurs français restreignent les versements complémentaires des non-résidents, voire refusent d’entrer en relation. Vérifiez la position de votre assureur avant de partir, car le contrat est plus facile à alimenter tant que vous êtes résident.

Le PEA

Il se conserve. Le transfert de résidence à l’étranger n’entraîne pas la clôture, sauf installation dans un État ou territoire non coopératif.

Les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu français après cinq ans, et le non-résident n’est en principe pas redevable des prélèvements sociaux, ceux-là mêmes qui sont passés à 18,6 % pour les résidents depuis le 1er janvier 2026.

Mais l’État de résidence a son mot à dire. Le PEA est une enveloppe française ; il n’existe pas dans les autres droits fiscaux. Un État de résidence peut parfaitement imposer les gains réalisés à l’intérieur, selon ses propres règles, sans reconnaître l’exonération française. C’est le cas le plus fréquent, et c’est la vraie limite du PEA en expatriation.

Difficulté pratique. Certains établissements refusent de maintenir un PEA pour un non-résident, ou restreignent les opérations. La contrainte est commerciale et réglementaire, pas fiscale, mais elle produit le même effet.

L’exemple chiffré

Exemple. Julien part s’installer au Portugal. Il détient un contrat d’assurance-vie de treize ans, valorisé 400 000 € pour 250 000 € de versements, soit 150 000 € de gains. Il envisage un rachat de 60 000 €.

S’il rachète avant son départ, résident français. Part de gains : 60 000 × (150 000 ÷ 400 000) = 22 500 €. Impôt sur le revenu, après abattement de 4 600 €, à 7,5 % : 1 342 €. Prélèvements sociaux, sur la totalité, à 17,2 % : 3 870 €. Total : 5 212 €.

S’il rachète après son départ, non-résident. Les prélèvements sociaux ne sont en principe plus dus : 3 870 € d’économie. Le traitement de la part d’impôt sur le revenu dépend de la convention franco-portugaise et de sa situation au regard du régime portugais applicable.

L’ordre des opérations a donc une valeur chiffrable. Il ne se décide pas sur le principe mais sur l’analyse de la convention, du régime d’arrivée et du calendrier de résidence.

La question du transfert vers un contrat étranger

Elle revient souvent, notamment vers le Luxembourg. Trois points.

Il n’existe pas de transfert d’un contrat français vers un contrat étranger en conservant l’antériorité : il faut racheter et souscrire, avec la fiscalité du rachat.

Les contrats luxembourgeois présentent des caractéristiques propres en matière de protection de l’épargnant et d’ouverture aux non-résidents, qui expliquent leur usage en mobilité internationale.

Le coût d’entrée et les minimums de souscription sont généralement plus élevés.

Questions fréquentes

Faut-il informer son assureur du départ ?

Oui, c'est une obligation contractuelle et cela conditionne le traitement fiscal appliqué.

Peut-on ouvrir une assurance-vie française en étant déjà non-résident ?

C'est possible chez certains assureurs, refusé chez d'autres. La contrainte est commerciale.

Le PER se conserve-t-il ?

Oui. Le traitement de la sortie dépend de la convention applicable au moment de la liquidation.

Sources

Code général des impôts, articles 125-0 A, 990 I, 757 B et 244 bis · Code monétaire et financier, articles L. 221-30 et suivants sur le PEA · BOFiP, produits versés à des non-résidents et prélèvements sociaux · Conventions fiscales bilatérales applicables.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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