Vérifié le 16 septembre 2026
Le tableau de synthèse
| Wallis-et-Futuna | Saint-Pierre-et-Miquelon | |
|---|---|---|
| Statut | COM de l’article 74 | COM de l’article 74 |
| Loi statutaire | Loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 | Loi n° 85-595 du 11 juin 1985 |
| Fiscalité locale | Principalement indirecte, pas d’impôt sur le revenu comparable au modèle métropolitain | Code local des impôts complet, avec impôt sur le revenu et sur les sociétés |
| Convention fiscale avec l’État | Aucune ne figure dans la liste publiée par l’administration fiscale | Oui, du 30 mai 1988, approuvée par la loi n° 88-1263 du 30 décembre 1988 |
| Champ de cette convention | — | Revenus, droits d’enregistrement, successions et donations |
| Établissement stable | — | Bénéfices imposables dans l’autre territoire, au taux maximal de 10 % |
| TVA française | Non applicable | Non applicable |
La différence qui commande tout : la convention
Réunir ces deux collectivités dans un même article tient à leur statut commun. Sur le point qui décide d’un dossier patrimonial, elles s’opposent.
Saint-Pierre-et-Miquelon est couvert par une convention complète. Signée le 30 mai 1988 à Saint-Pierre et approuvée par la loi du 30 décembre 1988, elle règle la double imposition en matière de revenus, de droits d’enregistrement et, ce qui est rare, de successions et de donations. Son article 4 définit la résidence fiscale. Les bénéfices d’un établissement stable y sont imposables dans l’autre territoire à un taux plafonné à 10 %.
Wallis-et-Futuna ne l’est pas. Aucune convention avec l’État ne figure dans la liste des conventions publiée par l’administration fiscale. Il n’existe donc aucune règle conventionnelle de répartition du droit d’imposer, ni d’élimination de la double imposition, entre la France et ce territoire.
| Ce sur quoi s’appuyer | |
|---|---|
| Pour Saint-Pierre-et-Miquelon | La convention du 30 mai 1988, catégorie de revenu par catégorie de revenu |
| Pour Wallis-et-Futuna | Les règles unilatérales de chaque territoire, sans filet conventionnel |
Cette asymétrie est le premier élément à établir dans un projet d’installation, et elle passe avant toute question de barème local. Une succession ouverte à Saint-Pierre-et-Miquelon dispose d’un cadre conventionnel ; la même succession ouverte à Wallis-et-Futuna n’en a pas.
Wallis-et-Futuna
Le système fiscal repose principalement sur des droits et taxes à l’importation et sur des contributions locales, sans impôt sur le revenu des personnes physiques comparable à celui de la métropole.
Cette architecture, très différente du modèle métropolitain, s’explique par la taille de l’économie et par la structure des échanges.
Pour un patrimoine, les questions qui se posent portent moins sur l’imposition locale des revenus que sur le traitement des actifs situés hors du territoire, et sur la coordination avec le régime français applicable à ces actifs.
Saint-Pierre-et-Miquelon
La collectivité dispose d’un code local des impôts, avec ses propres impôts sur le revenu et sur les sociétés, et sa propre fiscalité indirecte.
Sa situation géographique, à proximité immédiate du Canada, crée des situations transfrontalières spécifiques : activité, biens ou résidence partagés entre la collectivité et le Canada. Ces configurations mettent en jeu à la fois le droit local, le droit français et la convention fiscale franco-canadienne.
D’où vient cette autonomie fiscale
Elle ne relève pas d’une tolérance, mais du statut que la Constitution leur reconnaît. L’article 74 permet aux collectivités d’outre-mer de disposer d’une organisation particulière, dont découle leur compétence fiscale propre.
Chacune tient ce statut d’une loi identifiée. Wallis-et-Futuna est un territoire d’outre-mer depuis la loi n° 61-814 du 29 juillet 1961. Saint-Pierre-et-Miquelon relève de la loi n° 85-595 du 11 juin 1985, qui lui a donné son statut d’archipel à fiscalité propre après une période sous régime départemental.
C’est cette différence de date et de trajectoire, et non une différence de degré d’autonomie, qui explique que l’un se soit doté d’un code des impôts complet quand l’autre repose sur la fiscalité indirecte.
Deux collectivités, deux logiques économiques
Réunir ces deux territoires dans un même article tient à leur statut commun, pas à leur ressemblance. Les questions qu’ils posent à un patrimoine sont en réalité très différentes.
Wallis-et-Futuna repose sur une économie de petite taille, largement tournée vers l’importation, ce qui explique le poids des droits et taxes à l’importation dans les recettes publiques et l’absence d’impôt sur le revenu des personnes physiques comparable au modèle métropolitain. Pour un patrimoine, l’enjeu porte donc rarement sur l’imposition locale des revenus, et presque toujours sur le traitement des actifs situés hors du territoire : immobilier métropolitain, contrats d’assurance-vie, valeurs mobilières, qui continuent de relever de leurs règles propres.
Saint-Pierre-et-Miquelon dispose au contraire d’un code local complet, avec ses impôts sur le revenu et sur les sociétés et sa fiscalité indirecte. Sa particularité tient à sa géographie : l’archipel est à quelques dizaines de kilomètres du Canada, ce qui crée des situations transfrontalières régulières. Une activité, un bien ou une résidence partagés entre l’archipel et le Canada mettent alors en jeu trois corps de règles : le droit local, le droit français et la convention fiscale franco-canadienne.
Dans les deux cas, la même séquence s’impose : établir la résidence, cartographier les actifs par territoire, puis identifier le texte qui règle la répartition. Ce texte n’est pas le même selon la collectivité, et c’est précisément ce que l’amalgame habituel fait perdre de vue.
Questions fréquentes
Y a-t-il un impôt sur le revenu à Wallis-et-Futuna ?
Pas d'impôt sur le revenu des personnes physiques comparable au modèle métropolitain. Le système repose principalement sur des droits et taxes à l'importation et sur des contributions locales. Cette architecture s'explique par la taille de l'économie et la structure des échanges, et elle ne signifie évidemment pas une absence de fiscalité.
Saint-Pierre-et-Miquelon applique-t-il le Code général des impôts ?
Non. La collectivité dispose d'un code local des impôts distinct, avec ses propres impôts sur le revenu et sur les sociétés. Comme pour les autres collectivités de l'article 74 dotées de la compétence fiscale, le CGI ne s'y applique pas sauf mention expresse.
La proximité du Canada change-t-elle quelque chose ?
Oui, dès qu'une activité, un bien ou une résidence franchit la frontière. Trois corps de règles se combinent alors : le code local, le droit français et la convention fiscale franco-canadienne. Ces configurations ne se résolvent pas par analogie avec une expatriation ordinaire et supposent un conseil au fait des trois.
Pourquoi si peu d'information disponible sur ces territoires ?
Parce que les populations concernées sont réduites et que les codes locaux, issus de délibérations, ne figurent pas sur Légifrance. C'est aussi pour cette raison que la vérification à la source locale n'est pas ici une précaution de style : c'est la seule méthode fiable, les contenus secondaires étant rares et souvent périmés.
Y a-t-il un intérêt à s'y installer pour des raisons fiscales ?
Ces collectivités n'ont institué aucun régime d'attraction destiné aux nouveaux résidents, contrairement à plusieurs destinations d'expatriation. Une installation s'y décide sur des motifs professionnels, familiaux ou de cadre de vie. Raisonner à partir de la seule fiscalité conduirait en outre à négliger des paramètres bien plus structurants : éloignement, coût et fréquence des liaisons, accès aux soins spécialisés, taille du marché de l'emploi et du logement.
Que devient un patrimoine resté en métropole ?
Il continue de relever des règles françaises : imposition des revenus fonciers là où le bien est situé, régime des plus-values immobilières, IFI au-delà du seuil selon les règles françaises de territorialité, et traitement propre des contrats d'assurance-vie. C'est le sujet principal pour la plupart des personnes concernées, bien avant l'imposition locale de leurs revenus.
À qui s'adresser pour une question précise ?
Aux services fiscaux de la collectivité concernée, qui sont la seule source faisant foi sur le droit local. Les préfectures et administrations supérieures orientent vers eux. Pour une situation transfrontalière à Saint-Pierre-et-Miquelon, il faut y ajouter un conseil au fait de la convention fiscale franco-canadienne, les trois corps de règles se combinant.
Comment vérifier une information trouvée en ligne sur ces territoires ?
Par trois contrôles simples, et le premier suffit à écarter l'essentiel des contenus fautifs. Le texte cite-t-il sa source locale et non un article secondaire ? Porte-t-il une date de vérification, les codes locaux évoluant par délibérations ? Et distingue-t-il correctement le statut de la collectivité, article 73, article 74 ou statut propre, dont découle tout le reste ? Un contenu qui confond DROM et collectivité à fiscalité propre, ou qui présente un chiffre sans date ni référence locale, ne mérite pas d'être utilisé, quelle que soit la notoriété du site qui le publie.
Quelles questions poser en premier à un conseil local ?
Quatre, qui structurent ensuite tout le dossier. À partir de quand serai-je considéré comme résident fiscal ici, et selon quels critères ? Quels impôts existent réellement sur ce territoire, et lesquels me concernent compte tenu de ma situation ? Quel texte règle la répartition avec la métropole pour mes revenus de source française ? Et comment sera traitée la transmission de mon patrimoine, ici et là-bas ? Obtenir ces quatre réponses par écrit, datées, vaut mieux que n'importe quelle recherche documentaire.
Sources
Convention fiscale entre l'État et Saint-Pierre-et-Miquelon, signée le 30 mai 1988, approuvée par la loi n° 88-1263 du 30 décembre 1988 · BOI-INT-CVB-SPM, commentaire administratif de la convention · Liste des conventions fiscales publiée par l'administration fiscale, qui ne comporte pas Wallis-et-Futuna · Constitution du 4 octobre 1958, article 74 · Loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis et Futuna le statut de territoire d'outre-mer · Loi n° 85-595 du 11 juin 1985 relative au statut de l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon et textes statutaires ultérieurs · Codes locaux des impôts et services fiscaux des deux collectivités · Convention fiscale franco-canadienne, qui ne concerne que Saint-Pierre-et-Miquelon, du fait de sa proximité avec le Canada, et non Wallis-et-Futuna.
Chiffres et textes vérifiés au 16 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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