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Capital-investissement : ce qui reste après la suppression des FCPI

4 min de lecture Dispositifs fiscaux

Vérifié le 22 septembre 2026

Le tableau de synthèse

SupportTauxÉtat
IR-PME, souscription directe au capital18 %, porté à 25 % pour les versements du 28 juin 2024 au 31 décembre 2027Ouvert
ESUS, entreprises solidaires d’utilité sociale18 %, porté à 25 % jusqu’au 31 décembre 2027Ouvert
Jeunes entreprises innovantes, en direct25 %Ouvert
FCPI investis en jeunes entreprises innovantes25 %Ouvert
FCPI classiques—Supprimés
FIP classiques—Supprimés
FIP Corse et outre-mer30 %Ouverts

Ce qui vient d’être supprimé, et pourquoi c’est important

Pendant vingt ans, les FCPI et les FIP ont été les produits de défiscalisation les plus distribués en fin d’année. Ils réunissaient tout ce qu’un réseau commercial peut souhaiter : un taux affiché, une souscription simple, une date butoir au 31 décembre.

Ils ont été supprimés. La réduction générale au titre des FCPI a disparu, et les FIP ne subsistent que lorsqu’ils investissent en Corse ou outre-mer. Les dispositifs de remplacement sont plus étroits, plus ciblés, et supposent de regarder ce que l’on finance.

Cette disparition a une conséquence pratique immédiate : toute documentation commerciale antérieure à 2026 sur ce sujet est à considérer comme périmée. Les simulateurs en ligne, les articles de presse patrimoniale et les plaquettes de distributeurs mettent du temps à se mettre à jour, et l’écart se paie en réduction refusée.

Les quatre portes qui restent ouvertes

La souscription directe au capital d’une PME, dite IR-PME ou ancienne réduction Madelin, donne 18 %. Un taux majoré de 25 % s’applique aux versements effectués du 28 juin 2024 au 31 décembre 2027. Le plafond de financement par entreprise a été porté à 16,5 millions d’euros.

Les entreprises solidaires d’utilité sociale, les ESUS, suivent le même régime : 18 %, porté à 25 % jusqu’au 31 décembre 2027.

Les jeunes entreprises innovantes bénéficient d’un taux de 25 %, que la souscription soit directe ou passe par un FCPI spécialisé. Une catégorie tournée vers l’impact a été créée en 2026 et relève des mêmes conditions de réduction.

Les FIP Corse et outre-mer conservent un taux de 30 %. Le délai laissé aux fonds pour atteindre leurs quotas d’investissement a par ailleurs été porté à quarante-huit mois.

Le risque, que le taux fait oublier

Un taux de 25 % ou 30 % réduit le coût d’entrée ; il ne réduit pas le risque.

Le capital-investissement non coté expose à une perte totale. Les entreprises financées sont jeunes, souvent déficitaires, et leur taux d’échec est élevé. Une réduction de 25 % ne protège que le quart de la mise, et elle est acquise l’année du versement, tandis que la perte, elle, se constate cinq à dix ans plus tard.

S’y ajoute l’illiquidité. Les titres doivent être conservés au moins cinq ans, et en pratique bien davantage : il n’existe pas de marché secondaire pour des parts de PME non cotées. La durée réelle de blocage dépend de la sortie du fonds ou de l’entreprise, sur laquelle le souscripteur n’a aucune prise.

Enfin, les frais des véhicules collectifs pèsent lourd sur un horizon long, et doivent être lus dans le document d’informations clés plutôt que dans la plaquette.

Pour qui cela peut avoir du sens

Pour un contribuable qui paie un impôt suffisant pour absorber la réduction, qui accepte une perte totale sur la somme engagée, et pour qui cette somme représente une part marginale du patrimoine.

Pour celui qui a une raison de financer ces entreprises au-delà de l’avantage fiscal : proximité territoriale, secteur connu, volonté de soutenir l’innovation ou l’économie sociale. Cette raison est ce qui distingue un investissement d’un pari fiscal.

Elle est d’autant plus importante ici que le dispositif a changé deux fois en deux ans : compter sur la stabilité du cadre serait imprudent.

Ce qu’il faut regarder avant de souscrire

L’impôt réellement dû l’année du versement, puisque la réduction s’impute sur l’impôt et non sur le revenu, et qu’elle ne se reporte pas indéfiniment.

La place restante sous le plafond global des niches fiscales, partagée avec tous les autres avantages du foyer.

Le document d’informations clés du véhicule, seule pièce comparable d’un produit à l’autre, qui porte l’indicateur de risque et les frais.

Les frais courants, souvent supérieurs à ceux d’un fonds coté, et qui s’appliquent pendant toute la durée de blocage.

La politique d’investissement réelle du fonds, en particulier la part qu’il consacre effectivement aux entreprises qui justifient le taux majoré.

L’horizon de sortie annoncé et son historique chez le même gestionnaire, plutôt que la durée minimale légale de cinq ans.

Ce que la réduction ne fait pas

Elle ne transforme pas une mauvaise entreprise en bon investissement, et elle n’accélère pas la sortie.

Il faut aussi avoir en tête l’asymétrie de calendrier. L’avantage est acquis l’année du versement, au moment où l’enthousiasme est maximal et où rien ne s’est encore produit. Le résultat, lui, se constate cinq à dix ans plus tard, quand la fiscalité de l’année de souscription a depuis longtemps été oubliée. Cette asymétrie explique que beaucoup de souscripteurs jugent l’opération sur le seul avantage initial, et ne fassent jamais le calcul complet.

Questions fréquentes

Les FCPI donnent-ils encore droit à une réduction d'impôt ?

Non, pas les FCPI classiques : la réduction générale a été supprimée. Seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes conservent un taux de 25 %.

Et les FIP ?

La réduction au titre des FIP classiques a été supprimée. Seuls les FIP investis en Corse ou outre-mer restent éligibles, au taux de 30 %.

Quel est le taux de l'IR-PME aujourd'hui ?

18 % en droit commun, porté à 25 % pour les versements effectués entre le 28 juin 2024 et le 31 décembre 2027. Le même régime s'applique aux entreprises solidaires d'utilité sociale.

Combien de temps faut-il conserver les titres ?

Cinq ans au minimum pour conserver le bénéfice de la réduction. En pratique, la durée réelle est plus longue, faute de marché secondaire pour des titres non cotés.

Ces réductions entrent-elles dans le plafond des niches fiscales ?

Oui, dans le plafonnement global de droit commun. À la différence de Malraux ou des monuments historiques, elles s'imputent sur cette enveloppe, ce qui limite leur intérêt pour un foyer déjà fortement pourvu en avantages fiscaux.

La réduction compense-t-elle le risque de perte ?

Non. Une réduction de 25 % couvre un quart de la mise, et elle est obtenue l'année du versement. La perte éventuelle, elle, se matérialise des années plus tard et peut porter sur la totalité du capital engagé.

Sources

Code général des impôts, article 199 terdecies-0 A et article 200-0 A · BOFiP, mise à jour des commentaires sur la réduction d'impôt au titre des souscriptions au capital de PME, de FCPI, de FIP et d'ESUS · BOFiP, souscriptions de parts de FCPI investis en titres de jeunes entreprises innovantes · BOFiP, FCPI, FIP, FIP Corse et FIP outre-mer, calcul et remise en cause · BOFiP, réduction au titre des souscriptions au capital de PME, modalités de calcul

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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