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Servir les clients sous 250 000 € sans y perdre d'argent

3 min de lecture Professionnels

Posez d’abord le calcul

Exemple. Un cabinet dont le coût de revient horaire complet est de 90 € : rémunération, charges, locaux, outils, conformité, formation.

Un suivi annuel standard mobilise : préparation 2 h, rendez-vous 1 h 30, formalisation et mise à jour documentaire 1 h 30, gestion administrative et conformité 1 h. Soit 6 heures, environ 540 € par an.

À 1 % de rétrocession sur encours, le seuil d’équilibre se situe à 54 000 € d’encours. À 0,5 %, il double, à 108 000 €. Et ce calcul ne couvre que le suivi : il ignore le coût d’acquisition et le coût du bilan initial, qui représentent souvent plusieurs heures supplémentaires.

En intégrant l’amortissement de l’acquisition et du bilan initial sur quelques années, on retrouve mécaniquement des seuils compris entre 150 000 € et 300 000 €. C’est de là que vient le « seuil de 250 000 € », que personne n’a décrété.

Levier 1. Réduire le coût de service

C’est le levier le plus efficace, parce qu’il joue sur les 6 heures plutôt que sur le tarif.

La préparation est la ligne la plus compressible : la collecte automatisée en supprime la majeure partie. La formalisation documentaire l’est également, dès lors que les données du dossier alimentent directement les documents réglementaires.

Si les 6 heures passent à 3 h 30, le coût annuel tombe à 315 € et le seuil d’équilibre à 1 % descend à 31 500 €. Le même client devient rentable sans que rien n’ait changé dans son dossier.

Levier 2. Changer de mode de rémunération

Un bilan patrimonial facturé en honoraires, sans engagement de suivi, rend économiquement viable une intervention sur un patrimoine modeste. Le client paie la valeur reçue, vous n’assumez pas un suivi non financé.

Cette approche suppose deux choses : une lettre de mission bornant strictement le périmètre, et un discours assumé sur le prix. Beaucoup de cabinets hésitent à facturer des honoraires visibles alors qu’ils prélèvent depuis toujours des frais invisibles nettement supérieurs.

Levier 3. Assumer une offre différenciée

Segmentez explicitement. Un suivi annuel complet pour un segment, un point tous les deux ans plus un accès à des ressources pour un autre, une intervention ponctuelle à la demande pour un troisième.

La condition est que la différenciation soit dite, et que le niveau de service soit contractualisé. Un client qui sait qu’il relève d’une offre allégée et qui l’a acceptée est satisfait ; un client qui croit bénéficier d’un suivi complet et ne reçoit rien est un futur litige.

Ce qu’il ne faut pas faire

Garder le client et cesser de le suivre. C’est la situation la plus courante et la plus dangereuse. Vous restez tenu à vos obligations professionnelles, les informations de son dossier se périment, la déclaration d’adéquation vieillit, et vous portez le risque sans percevoir la valeur.

Si un dossier n’est plus servi, deux issues propres existent : une offre allégée contractualisée, ou une sortie explicite de la relation, formalisée par écrit.

La dimension qui dépasse le cabinet

Ce calcul explique une réalité collective : une part importante des épargnants français n’a jamais accès à un conseil individualisé, non par refus mais par arithmétique. Or ces ménages prennent les mêmes décisions structurantes que les autres (arbitrage entre enveloppes, préparation d’une transmission, choix d’un horizon) avec des enjeux proportionnellement identiques.

Toute baisse durable du coût de service déplace ce seuil. C’est le sens des chantiers d’automatisation décrits dans Logiciel CGP : les huit fonctions qui font réellement la différence et Digitaliser un cabinet de gestion de patrimoine : par où commencer.

Sources

Code monétaire et financier, articles L. 541-1 et suivants · Règlement général de l'AMF, livre III · Directive 2014/65/UE, article 24 sur l'information relative aux coûts et aux incitations · Calculs de coût de revient établis à titre illustratif.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

Découvrir son parcours

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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