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Acheter à Saint-Barthélemy : 5 % de droits d'enregistrement
7 min de lecture Saint-Barthélemy
Vérifié le 7 octobre 2026
Le tableau de synthèse
| Ce que dit le code | |
|---|---|
| Texte | Articles 16, 29, 33, 35 et 47 à 56 du Code des contributions |
| Taux | 5 % du prix |
| Qui paie | L’acquéreur, sauf convention contraire |
| Base | Le prix, augmenté des charges imposées à l’acquéreur |
| Honoraires d’agence | Déductibles de la base, à une condition de rédaction du mandat |
| Mobilier | Hors base s’il est désigné et estimé article par article |
| Achat de parts d’une société détenant le bien | 5 % également |
| Délai d’enregistrement | Un mois à compter de la signature |
| En plus | La contribution de sécurité immobilière, due à l’État |
Un taux unique de 5 %
L’article 56 fixe le taux du droit applicable aux mutations à titre onéreux d’immeubles à 5 %. Il précise que ce taux vaut pour toutes les ventes et opérations assimilées, « quelle que soit la nature dudit immeuble, sa date de construction ou d’achèvement en cas d’immeubles bâtis ou la forme et la qualité des parties à l’acte ».
Cette phrase écarte d’un coup toutes les distinctions que connaît un acheteur de métropole. Il n’existe pas ici de régime du neuf et de régime de l’ancien, pas de taux réduit, pas de traitement particulier du terrain à bâtir ni de l’acheteur professionnel. Le même pourcentage s’applique à tout.
Le droit vise les ventes, mais aussi les adjudications, les échanges pour leur soulte, les rétrocessions et les résolutions amiables (article 48).
La base : le prix, plus les charges
Le droit est liquidé sur le prix exprimé dans l’acte, auquel s’ajoutent « toutes les charges en capital ainsi que toutes les indemnités stipulées au profit du cédant » (article 51). Les charges qui augmentent le prix sont les prestations qui incombaient au vendeur et que l’acte fait supporter à l’acquéreur : le paiement d’une dette du vendeur, par exemple, ou une indemnité versée à sa place.
Trois règles complètent ce principe :
- quand le prix est une rente viagère, le droit porte sur le capital de la rente (article 52) ;
- quand le prix est payable par fractions, il porte sur le total des fractions (article 53) ;
- l’administration peut substituer au prix la valeur vénale du bien si elle est supérieure (article 51).
Cette dernière règle a une portée concrète sur un marché aussi étroit. Un prix nettement inférieur aux ventes comparables expose à un redressement, avec intérêts de retard. En cas de désaccord sur l’évaluation, une commission de conciliation peut être saisie.
Deux postes qui peuvent sortir de la base
Les honoraires de négociation. L’article 51 prévoit que, lorsque le prix est exprimé honoraires inclus, leur montant est déductible de la base taxable, « à la condition que le mandat de vente porte mention du paiement des honoraires par l’acquéreur en l’acquit du vendeur ». La déduction tient donc à une clause du mandat, signée bien avant la vente. Si le mandat ne la contient pas, les 5 % portent aussi sur la commission.
Le mobilier. Une vente qui porte à la fois sur l’immeuble et sur des meubles est taxée à 5 % sur la totalité du prix, « à moins qu’il ne soit stipulé un prix particulier pour les objets mobiliers et qu’ils ne soient désignés et estimés article par article dans le contrat » (article 55). Une ligne globale « mobilier : 100 000 € » ne suffit pas. Il faut une liste, et une valeur par objet. L’estimation doit rester réaliste : un mobilier surévalué pour alléger la base donne prise à la requalification.
Un exemple chiffré : la villa des Garnier
Nicolas et Julie Garnier, personnages fictifs, achètent une villa à Lorient. Le prix affiché, honoraires d’agence inclus, est de 3 150 000 €. Il comprend 150 000 € d’honoraires et 80 000 € de mobilier.
| Acte bien rédigé | Acte sans précaution | |
|---|---|---|
| Prix affiché, honoraires inclus | 3 150 000 € | 3 150 000 € |
| Honoraires d’agence | Déduits : mandat conforme à l’article 51 | Non déduits |
| Mobilier | Déduit : listé et estimé pièce par pièce | Non déduit : ligne globale |
| Base taxable | 2 920 000 € | 3 150 000 € |
| Droit de 5 % (article 56) | 146 000 € | 157 500 € |
L’écart est de 11 500 €, pour deux clauses. La première se joue à la signature du mandat de vente, la seconde à la rédaction du compromis. Dans les deux cas, il est trop tard le jour de l’acte.
S’y ajoute la contribution de sécurité immobilière, due à l’État et non à la collectivité, que l’article 33 renvoie à la législation nationale. Son taux de droit commun est de 0,10 % de la valeur du bien, soit environ 2 900 € dans cet exemple. Le prélèvement pour frais d’assiette et de recouvrement, lui, n’est pas dû quand l’acte est enregistré au bureau de Saint-Barthélemy.
Acheter les parts de la société plutôt que le bien
Beaucoup de biens de l’île sont détenus par des sociétés. L’acheteur peut alors se voir proposer d’acquérir les parts plutôt que l’immeuble. Le code a prévu le cas.
L’article 74 définit l’« entité fiscalement immobilière » : toute personne morale, tout trust ou tout groupement, quelle que soit sa nationalité ou l’adresse de son siège, qui compte parmi ses actifs un immeuble ou un droit immobilier situé sur l’île, ou une participation dans une entité qui en détient. La définition ne fixe aucun seuil : un seul immeuble suffit.
L’article 73 soumet la cession des titres d’une telle entité au droit de 5 % de l’article 56, « y compris quand l’acte constatant la mutation est passé à l’étranger ». Passer par une société, même étrangère, ne change donc pas le taux. La base, elle, est le prix des parts (article 72), qui peut s’écarter de la valeur de l’immeuble quand la société est endettée.
Depuis une délibération du 20 décembre 2024, l’acte de cession des titres doit en outre contenir la formule de calcul du prix, fondée sur la valeur des biens immobiliers détenus sur l’île, et porter en annexe la situation comptable de référence, établie par un expert-comptable. La même délibération aligne l’impôt de plus-value du vendeur de titres sur celui du vendeur d’un immeuble : il se calcule désormais sur la valeur vénale des biens immobiliers au jour de la cession, comparée à leur valeur d’entrée.
Quand la société détient aussi un fonds de commerce, un hôtel par exemple, le prix est ventilé. La part correspondant à l’immeuble supporte 5 %, celle du fonds le barème progressif de l’article 41, qui plafonne à 1,40 % (article 50).
Un mois pour enregistrer
L’acte doit être soumis à l’enregistrement auprès du bureau de Saint-Barthélemy dans le délai d’un mois à compter de sa signature, quel que soit son rédacteur et quel que soit le lieu où il a été signé (article 16). Le paiement est préalable à la formalité (article 34).
Vendeur et acquéreur sont solidairement débiteurs du droit envers la collectivité. La charge finale pèse sur l’acquéreur, sauf convention contraire (article 35). Un vendeur peut donc être recherché si l’acquéreur ne paie pas, ce qui explique que le notaire prélève le droit sur les fonds le jour de la signature.
Le droit fixe de 125 € constitue le minimum de perception (article 29). Les acquisitions faites par une collectivité publique sont exonérées (article 28).
Ce que ces 5 % ne couvrent pas
Le droit de mutation n’est que l’une des sommes en jeu lors d’une transaction.
Du côté de l’acheteur, s’ajoutent la contribution de sécurité immobilière et la rémunération du notaire, qui obéit à un tarif national.
Du côté du vendeur, la vente déclenche l’impôt sur la plus-value immobilière, au taux de 35 % avant la huitième année de détention et de 20 % au-delà, avec un abattement de 10 % par année supplémentaire (articles 101 et 103). Cet impôt est prélevé sur le prix. Il pèse sur le vendeur, mais le code rend l’acquéreur solidaire de son paiement (article 104), ce qui justifie de vérifier qu’il est bien réglé à l’acte.
Après l’achat, une société propriétaire doit déclarer chaque année ses immeubles et ses associés avant le 31 mars, faute de quoi elle s’expose à la taxe de 3 % sur la valeur vénale (articles 110 et 111).
Questions fréquentes
Quels sont les frais d'achat d'un bien immobilier à Saint-Barthélemy ?
Le poste principal est le droit de mutation de 5 % du prix, prévu à l'article 56 du Code des contributions et perçu par la collectivité. S'y ajoutent la contribution de sécurité immobilière, due à l'État, et la rémunération du notaire. Sur un bien de 2 millions d'euros, le seul droit de mutation représente 100 000 €.
Qui paie les 5 %, le vendeur ou l'acheteur ?
L'acheteur, sauf convention contraire, en vertu de l'article 35. Les deux parties sont toutefois solidairement débitrices envers la collectivité : si l'une ne paie pas, l'autre peut être poursuivie pour le tout. C'est pourquoi le droit est prélevé sur les fonds au moment de la signature.
Le taux est-il réduit pour un bien neuf ou pour une résidence principale ?
Non. L'article 56 applique 5 % quelle que soit la nature de l'immeuble, sa date de construction ou d'achèvement, et quelles que soient la forme et la qualité des parties. Le code ne prévoit aucun taux réduit à l'achat. Les avantages liés à la résidence principale jouent à la revente, sur l'impôt de plus-value.
Les honoraires de l'agence sont-ils soumis aux 5 % ?
Ils en sont exclus à une condition : que le mandat de vente mentionne que les honoraires sont payés par l'acquéreur en l'acquit du vendeur, comme l'exige l'article 51. Si cette mention manque et que le prix est exprimé honoraires inclus, le droit porte sur la totalité.
Peut-on réduire les droits en achetant une société plutôt que la villa ?
Pas le taux. L'article 73 soumet la cession des titres d'une entité fiscalement immobilière au même droit de 5 %, calculé sur le prix des parts, y compris si l'acte est signé à l'étranger. L'article 74 qualifie ainsi toute société qui détient un immeuble sur l'île, sans seuil, quelle que soit sa nationalité.
L'administration peut-elle contester le prix déclaré ?
Oui. L'article 51 lui permet de substituer au prix exprimé la valeur vénale de l'immeuble si elle est supérieure, et l'article 30 pose le même principe pour tous les droits proportionnels. En cas de désaccord sur l'évaluation, la commission de conciliation de l'article 179 peut être saisie.
Sources
Code des contributions de Saint-Barthélemy, version consolidée au 30 mars 2023, articles 16, 28 à 30, 33 à 35, 41, 47 à 56, 73, 74, 101, 103, 104, 110 et 111 · Annexe à la délibération n° 2024-038 CT du 26 septembre 2024 portant révision du code des contributions, articles 23, 101 et 179 dans leur rédaction en vigueur · Délibération n° 2024-076 CT du 20 décembre 2024, rendue exécutoire le 8 janvier 2025, qui réécrit l'article 102 bis sur les cessions de titres d'entités fiscalement immobilières · Code général des impôts, article 881 K, pour le taux de 0,10 % de la contribution de sécurité immobilière due à l'État, et article 881 N.
Chiffres et textes vérifiés au 7 octobre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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