Le tableau de synthèse
| Impôt sur le revenu | IRPF à taux réduit, sommet à 10 % |
| Impôt sur la fortune | Aucun |
| Droits de succession | Aucun |
| Convention avec la France | Oui, depuis 2013 |
| Exit tax française | Pas de sursis automatique : garanties requises |
| Résidence | Passive ou active, avec obligations d’investissement ou d’activité et de présence. L’investissement minimal pour la résidence passive a été porté à 800 000 €, contre 600 000 € auparavant |
Les deux voies de résidence
La résidence passive, pour les personnes n’exerçant pas d’activité en Andorre. Elle suppose un investissement dans le pays, un dépôt auprès de l’autorité andorrane, une assurance couvrant maladie et vieillesse, et une présence minimale annuelle.
La résidence active, pour ceux qui y exercent une activité ou y créent une société. Les obligations d’investissement sont moindres, mais l’activité doit être réelle.
Dans les deux cas, la présence effective est contrôlée. Une résidence de façade se détecte.
La comparaison sur trois profils
Dirigeant après cession. L’absence d’impôt sur la fortune et de droits de succession, combinée à un IRPF plafonné à 10 %, est l’une des offres les plus complètes d’Europe pour ce profil. La contrainte est la procédure d’exit tax et l’installation réelle dans un pays de taille très réduite.
Entrepreneur du numérique. La résidence active convient, avec un impôt sur les sociétés lui aussi bas.
Retraité. Possible en résidence passive, mais la couverture santé n’est pas couverte par la coordination européenne : Andorre n’est pas membre de l’Union.
Points de vigilance
L’absence de coordination européenne de sécurité sociale impose une couverture privée.
L’exit tax française exige garanties et représentant fiscal.
La taille du pays et l’isolement géographique sont des facteurs de vie réels, souvent sous-estimés dans les décisions fondées sur un taux.
Les deux voies de résidence, en pratique
Andorre n’accorde pas la résidence sur simple demande. Deux régimes coexistent, et le choix entre les deux détermine vos obligations pour toute la durée du séjour.
La résidence passive, dite sans activité lucrative, vise les personnes qui ne travailleront pas en Andorre : rentiers, retraités, dirigeants après cession. Elle suppose un ensemble d’engagements cumulatifs : un investissement dans le pays, qui peut prendre la forme d’un bien immobilier ou d’autres actifs éligibles, un dépôt non rémunéré auprès de l’autorité financière andorrane, restitué au départ, la souscription d’une assurance couvrant maladie, invalidité et vieillesse, la disposition d’un logement, et une présence effective minimale dans l’année.
La résidence active, pour ceux qui y exercent une activité ou y créent une société. Les obligations d’investissement sont allégées, mais l’activité doit être réelle et la structure disposer d’une substance : locaux, moyens, activité effective. Une société boîte aux lettres ne tient pas.
Dans les deux cas, la présence est contrôlée. Andorre a signé des accords d’échange de renseignements et une convention fiscale avec la France depuis 2013 : ce n’est plus un territoire opaque, et une résidence de façade se détecte des deux côtés de la frontière.
L’exit tax, la contrainte à intégrer très en amont
Andorre ne figure pas parmi les États ouvrant le sursis automatique de l’article 167 bis. Pour un dirigeant détenant plus de 800 000 € de titres ou une participation d’au moins 50 %, la procédure lourde s’applique.
Cela signifie une déclaration déposée dans les quatre-vingt-dix jours précédant le transfert, la désignation d’un représentant fiscal établi en France, et la constitution de garanties couvrant le montant de l’impôt, jusqu’au dégrèvement intervenant après deux ou cinq ans selon la valeur de vos titres.
C’est une différence de nature avec les destinations de l’Union européenne, où le sursis joue de plein droit sans aucune démarche. Elle ne disqualifie pas Andorre, mais elle impose un calendrier : un projet décidé en quelques semaines ne peut pas être exécuté correctement.
Ce que l’absence de coordination européenne implique
Andorre n’est pas membre de l’Union européenne, et cette phrase a trois conséquences pratiques que les comparatifs de taux ignorent.
La santé. Aucune coordination au sens des règlements européens. Un retraité français n’y bénéficie pas de la prise en charge de ses soins aux frais de la France via le formulaire prévu pour l’Espace économique européen. Une couverture privée est nécessaire, et son coût croît fortement avec l’âge et les antécédents. Sur un horizon de vingt ans, ce poste peut absorber une part substantielle de l’économie fiscale.
Les soins spécialisés. Le pays est petit et montagneux ; les prises en charge lourdes supposent souvent un transfert vers l’Espagne ou la France, ce qui soulève des questions de couverture et de délai.
La vie quotidienne. L’isolement géographique, l’absence d’aéroport international sur place et la taille du marché local sont des facteurs réels. Ils ne figurent dans aucun tableau fiscal et ils décident pourtant de la durabilité de l’installation.
Questions fréquentes
Andorre est-elle encore un paradis fiscal ?
Non, au sens où on l'entendait autrefois. Une convention fiscale lie la France et Andorre depuis 2013, les échanges de renseignements existent, et un impôt sur le revenu y a été institué. L'imposition reste basse, avec un sommet à 10 %, mais dans un cadre coopératif et déclaré.
Faut-il investir pour obtenir la résidence ?
En résidence passive, oui : un investissement dans le pays et un dépôt auprès de l'autorité financière andorrane sont exigés, le dépôt étant restitué au départ. En résidence active, les obligations d'investissement sont allégées mais l'activité doit être réelle.
Le sursis d'exit tax est-il automatique ?
Non. Andorre ne figure pas parmi les États ouvrant ce sursis de plein droit, ce qui impose déclaration préalable, représentant fiscal et garanties. Vérifiez la notice applicable à votre année de départ.
Mes soins seront-ils pris en charge ?
Pas par la coordination européenne, dont Andorre ne relève pas. Une assurance privée est indispensable, et son coût doit être chiffré à l'âge que vous aurez dans quinze ans, pas à celui que vous avez aujourd'hui.
Combien de temps faut-il passer en Andorre chaque année ?
Une présence effective minimale est exigée, et elle diffère selon que vous relevez de la résidence passive ou de la résidence active. Cette présence est contrôlée : elle conditionne le renouvellement du titre. Vérifiez la durée applicable à votre statut dans les textes en vigueur, car c'est une obligation de séjour et non une simple recommandation.
Andorre échange-t-elle des informations avec la France ?
Oui. Une convention fiscale lie les deux États depuis 2013, et Andorre participe aux dispositifs d'échange de renseignements. L'époque où la principauté pouvait être envisagée comme un territoire opaque est révolue : une installation y est parfaitement légitime, mais elle doit être réelle, déclarée et documentée comme n'importe quel autre transfert de résidence.
Puis-je créer une société andorrane en gardant une clientèle française ?
C'est possible, mais c'est le montage le plus exposé. Deux conditions doivent être réunies. La société doit disposer d'une substance réelle en Andorre : locaux, moyens, personnel, décisions effectivement prises sur place. Et son activité ne doit pas être exercée depuis la France, faute de quoi elle peut y être regardée comme disposant d'un établissement stable, avec les conséquences fiscales qui s'y attachent. Une structure pilotée depuis la France pour facturer des clients français ne résiste pas à un examen, quel que soit le lieu de son siège.
Sources
Llei de l'impost sobre la renda de les persones físiques (Andorre) · Convention fiscale entre la France et la Principauté d'Andorre, signée en 2013 · Textes andorrans relatifs à l'immigration et à la résidence passive · Code général des impôts, article 167 bis.
Chiffres et textes vérifiés au 16 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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