Aller au contenu

Particuliers

ParticuliersADN InvestisseurAssistant IACockpit stratégique

Professionnels

ConseillersInstitutions

Ressources

OutilsComparatifLe blog

SAFIA

TarifsLe fondateurNotre méthodeSécurité et conformité Télécharger l'app

Expatriation

Accueil Le blog Expatriation

Maurice : fiscalité de l'expatriation

Mis à jour le 6 min de lecture Expatriation

Le tableau de synthèse

Impôt sur le revenu0 % jusqu’à 500 000 roupies, 10 % de 500 000 à 1 million, 20 % au-delà, depuis le 1ᵉʳ juillet 2025
Contribution sociale généralisée1,5 % jusqu’à 50 000 roupies de revenu mensuel, 3 % au-delà, côté salarié
Fair Share Contribution15 % sur la fraction du revenu dépassant 12 millions de roupies, du 1ᵉʳ juillet 2025 au 30 juin 2028
Plus-valuesAucune imposition
Droits de successionAucun
Prix d’entrée de la résidence375 000 dollars minimum, dans un programme immobilier agréé
Durée des permisRamenée de dix à cinq ans pour les investisseurs, indépendants et retraités, renouvelable sous contrôle
Convention avec la FranceOui
Exit tax françaiseSursis non automatique : garanties requises

Les voies d’accès, et leur prix

L’installation durable passe généralement par l’acquisition d’un bien dans un programme immobilier agréé par l’Economic Development Board, de type Property Development Scheme ou Smart City. Le seuil est un prix d’acquisition d’au moins 375 000 dollars, ou son équivalent en devise librement convertible. Le permis de résidence est alors accordé tant que le bien est détenu, et s’étend au conjoint et aux enfants de moins de 24 ans.

Les autres voies sont le permis lié à une activité professionnelle et le permis de retraité non citoyen, qui suppose de justifier de revenus réguliers.

Un changement à connaître. Le budget 2025-2026 a ramené la durée de validité des permis d’investisseur, d’indépendant et de retraité non citoyen de dix à cinq ans, avec un renouvellement soumis à vérification de conformité. La résidence mauricienne se confirme désormais deux fois plus souvent.

C’est une différence importante avec les destinations européennes : à Maurice, la résidence a un prix d’entrée, et il est immobilier.

L’avantage réel, et ce qu’il coûte au départ

Un exemple chiffré. Un dirigeant cède son entreprise et dégage 2 000 000 € de plus-value.

Imposition de la plus-value
Résident français628 000 €, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %
Résident mauricien0 €, Maurice n’imposant pas les plus-values

L’écart est considérable, et c’est ce qui attire. Mais il ne se saisit pas en changeant d’adresse.

Maurice n’ouvre pas droit au sursis automatique d’exit tax. Contrairement à un départ vers l’Union européenne, le transfert du domicile hors de France déclenche la déclaration de la plus-value latente sur les participations, et le sursis de paiement suppose de désigner un représentant fiscal et de constituer des garanties auprès de l’administration française. C’est une démarche, un coût et un calendrier, et elle doit être engagée avant le départ, pas après.

La comparaison sur trois profils

Retraité disposant de revenus confortables. L’imposition modérée, l’absence de droits de succession et le coût de la vie constituent une équation favorable. La couverture santé privée est indispensable : il n’y a pas de coordination européenne.

Dirigeant après cession. L’absence d’imposition des plus-values est l’atout, sous réserve de la procédure d’exit tax et d’une installation réelle.

Entrepreneur. Les régimes d’activité et le cadre des sociétés doivent être examinés séparément, la fiscalité des entreprises ayant été profondément révisée ces dernières années sous l’effet des travaux internationaux sur l’érosion des bases.

Points de vigilance

L’éloignement géographique, le coût des trajets et la qualité des soins spécialisés sont des paramètres de long terme qui pèsent davantage que l’écart de taux.

La convention a évolué ; l’ancienne réputation de Maurice comme plateforme de structuration ne reflète plus l’état du droit.

L’investissement immobilier d’entrée doit être analysé pour lui-même, comme un placement, et pas seulement comme un ticket d’accès.

Le prix d’entrée, et pourquoi il fausse les comparaisons

C’est la différence structurelle entre Maurice et les destinations européennes, et elle est rarement chiffrée honnêtement.

Dans l’Union européenne, la résidence ne coûte rien : elle découle de la liberté de circulation. À Maurice, l’installation durable passe le plus souvent par l’acquisition d’un bien dans un programme immobilier agréé au-delà d’un montant minimal, qui ouvre un permis de résidence, ou par un permis lié à une activité ou à un statut de retraité justifiant de revenus réguliers.

Cela a trois conséquences que les comparatifs de taux ignorent.

Le capital est immobilisé. La somme engagée dans le bien n’est plus disponible, et sa sortie dépendra d’un marché local étroit, largement adossé à la demande expatriée elle-même.

Le bien doit être jugé comme un placement. Un programme agréé vendu à des non-résidents comporte une prime liée au permis qu’il ouvre. Posez la question simplement : achèteriez-vous ce bien, à ce prix, si le permis n’y était pas attaché ? Si la réponse est non, vous payez le droit d’entrée deux fois.

Le calcul doit inclure le coût d’opportunité. Comparez l’économie fiscale annuelle attendue au rendement qu’aurait produit ce capital placé ailleurs. Sur un horizon de dix ans, ce coût d’opportunité dépasse fréquemment l’économie d’impôt.

Ce que l’absence de coordination européenne implique

Maurice n’est pas membre de l’Union européenne, et cette phrase commande trois postes de dépense.

La santé. Aucune prise en charge par la France via les formulaires européens. Une couverture privée internationale est indispensable, et son coût croît fortement avec l’âge et les antécédents. Pour un retraité, c’est le poste décisif du budget à dix ou quinze ans.

Les soins spécialisés. Les prises en charge lourdes supposent fréquemment une évacuation sanitaire vers La Réunion, l’Afrique du Sud ou la France. Vérifiez que votre contrat la couvre, et à quelles conditions.

L’éloignement. Le coût et la fréquence des trajets vers l’Europe pèsent sur un budget familial, et davantage encore lorsque des parents âgés restent en France.

Sur le plan fiscal français, deux points s’ajoutent : Maurice est hors de la liste ouvrant le sursis automatique d’exit tax, ce qui impose déclaration à quatre-vingt-dix jours, représentant fiscal et garanties ; et selon votre situation, un représentant fiscal accrédité peut être exigé lors de la vente d’un bien immobilier français, dispense réservée aux résidents de l’Union et de l’EEE.

Ce qui reste imposable en France

Comme partout, vos revenus fonciers français restent imposables en France au titre de l’article 6 de la convention, vos plus-values immobilières françaises également, et l’IFI ne porte plus que sur vos biens situés en France.

La convention franco-mauricienne ayant fait l’objet d’évolutions, elle doit être lue dans sa version en vigueur, avenants compris : l’ancienne réputation de Maurice comme plateforme de structuration ne reflète plus l’état du droit.

Questions fréquentes

Faut-il acheter un bien pour s'installer à Maurice ?

C'est la voie la plus courante : l'acquisition dans un programme agréé au-delà d'un montant minimal ouvre un permis de résidence. D'autres voies existent, liées à une activité professionnelle ou à un statut de retraité justifiant de revenus réguliers. Dans tous les cas, la résidence a un prix d'entrée, contrairement aux destinations de l'Union européenne.

Les plus-values sont-elles imposées à Maurice ?

Elles ne le sont en principe pas, et il n'existe pas de droits de succession. C'est l'atout central de la destination pour un dirigeant après cession, sous réserve de la procédure d'exit tax française et d'une installation réelle.

Le sursis d'exit tax est-il automatique ?

Non. Maurice ne figure pas parmi les États ouvrant ce sursis de plein droit : déclaration dans les quatre-vingt-dix jours précédant le transfert, représentant fiscal en France et garanties sont requis. Ce calendrier se prépare six mois en amont.

Quelle couverture santé prévoir ?

Une assurance privée internationale, la coordination européenne ne s'appliquant pas. Vérifiez spécifiquement la couverture des évacuations sanitaires, les prises en charge lourdes supposant souvent un transfert hors de l'île, et chiffrez la prime à l'âge que vous aurez dans quinze ans.

Puis-je revendre le bien qui m'a ouvert le permis ?

C'est la question à poser avant d'acheter, et non après. Lorsque le permis de résidence découle d'un investissement immobilier dans un programme agréé, son maintien est en principe lié à la conservation de cet investissement : la revente peut donc affecter votre droit au séjour. Faites préciser par écrit, avant l'acquisition, les conséquences exactes d'une cession sur votre permis et sur celui de votre conjoint. C'est ce qui distingue un actif que vous pouvez arbitrer librement d'un actif qui conditionne votre présence dans le pays.

Maurice convient-elle à un retraité ?

Elle peut convenir, et un permis dédié existe pour les retraités justifiant de revenus réguliers. L'équation tient sur le coût de la vie, l'absence de droits de succession et une imposition modérée. Elle se dégrade sur trois postes : la couverture santé, intégralement privée et croissante avec l'âge, l'éloignement, qui pèse sur les trajets et sur la proximité familiale, et l'accès aux soins spécialisés, qui suppose souvent une évacuation. Chiffrez ces trois postes avant l'argument fiscal.

Sources

*Income Tax Act* mauricien et barème refondu au 1ᵉʳ juillet 2025 par le budget 2025-2026 · Budget mauricien 2025-2026, réforme du barème, de la CSG et de la durée des permis · Economic Development Board, *Property Development Scheme* et seuil d'acquisition de 375 000 dollars · Convention fiscale franco-mauricienne dans sa version en vigueur · Article 200 A du Code général des impôts pour le prélèvement forfaitaire unique · Code général des impôts, article 167 bis, pour l'imposition des plus-values latentes au départ et les garanties exigées hors Union européenne.

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

Découvrir son parcours

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

Pour aller plus loin

Applique-le à ta situation.

SAFIA réunit tes comptes et répond à tes questions à partir de tes chiffres, pas de cas généraux.

Télécharger l'app

Installer SAFIA

L'application est gratuite, sur iPhone et sur Android.

App Store iPhone et iPad Google Play Android

Ou scanne ce code avec ton téléphone : il t'enverra vers le magasin qui correspond à ton appareil.