Aller au contenu

Particuliers

ParticuliersADN InvestisseurAssistant IACockpit stratégique

Professionnels

ConseillersInstitutions

Ressources

OutilsComparatifLe blog

SAFIA

TarifsLe fondateurNotre méthodeSécurité et conformité Télécharger l'app

Expatriation

Accueil Le blog Expatriation

Thaïlande : fiscalité de l'expatriation

Mis à jour le 4 min de lecture Expatriation

Le tableau de synthèse

Principe historiqueRevenus étrangers imposés uniquement s’ils étaient rapatriés dans l’année de perception
ÉvolutionRègle durcie depuis 2024 : les revenus étrangers rapatriés sont imposables y compris les années suivantes
BarèmeProgressif
Convention avec la FranceOui
Exit tax françaiseSursis non automatique
SéjourVisas de long séjour, dont des formules destinées aux retraités

Ce qui a changé

Sous l’ancienne interprétation, un résident thaïlandais pouvait percevoir un revenu à l’étranger une année et le rapatrier l’année suivante sans imposition thaïlandaise. La pratique était connue et largement utilisée.

L’interprétation retenue à compter de 2024 soumet à l’impôt les revenus de source étrangère rapatriés en Thaïlande, quelle que soit l’année de leur perception, dès lors que le contribuable est résident fiscal thaïlandais l’année du rapatriement.

Conséquence : un retraité rapatriant sa pension mensuelle pour vivre est désormais imposable sur ces sommes au barème thaïlandais, sous réserve de l’application de la convention.

La comparaison sur trois profils

Retraité rapatriant sa pension. Le régime n’est plus l’avantage qu’il était. Le coût de la vie reste le principal argument.

Rentier ne rapatriant pas. L’économie thaïlandaise étant largement en numéraire pour les non-résidents, ce montage est plus théorique que pratique pour qui vit sur place.

Actif employé localement. Barème ordinaire, sans particularité favorable.

Points de vigilance

La règle du séjour de 180 jours détermine la résidence fiscale thaïlandaise : elle est simple et se contrôle.

Les visas de long séjour ont leurs propres conditions financières et leurs renouvellements.

La couverture santé est privée, et les exigences d’assurance conditionnent certains visas.

La doctrine sur la nouvelle interprétation se construit encore : c’est une destination où il faut un conseil local, à jour, et non un article.

Ce que le durcissement change, pour un retraité

Prenons le cas le plus fréquent, parce qu’il montre l’ampleur du changement mieux qu’une explication de principe.

Situation. Un retraité français installé en Thaïlande perçoit une pension privée versée sur un compte français, et rapatrie chaque mois de quoi vivre sur place.

Sous l’ancienne interprétation. Les revenus étrangers n’étaient imposables en Thaïlande que s’ils y étaient rapatriés dans l’année de leur perception. Il suffisait donc de laisser la pension d’une année sur un compte étranger et de ne la rapatrier que l’année suivante pour échapper à l’impôt thaïlandais. La pratique était connue, documentée, et largement utilisée.

Depuis 2024. Les revenus de source étrangère rapatriés en Thaïlande sont imposables quelle que soit l’année de leur perception, dès lors que vous êtes résident fiscal thaïlandais l’année du rapatriement. Le décalage d’un an ne produit plus aucun effet.

Conséquence. Ce retraité est désormais imposable au barème thaïlandais sur les sommes qu’il fait entrer pour vivre, sous réserve de l’application de la convention et de l’élimination de la double imposition. Le montage qui faisait l’intérêt fiscal du pays a cessé de fonctionner.

Ce qui subsiste est réel mais d’une autre nature : un coût de la vie nettement inférieur, qui reste le premier argument de la destination. Ce qui a disparu, c’est l’argument fiscal.

C’est l’illustration la plus nette d’une règle qui vaut pour toute expatriation fiscale : un régime attractif peut disparaître d’une année sur l’autre, sans mesure transitoire, et une décision de long terme ne se fonde pas sur lui seul.

La règle des 180 jours, et comment elle se pilote

La résidence fiscale thaïlandaise repose sur un critère simple : la présence sur le territoire au-delà d’un seuil de 180 jours au cours de l’année civile.

Cette simplicité a deux faces.

Elle est prévisible : contrairement au faisceau d’indices français, vous savez en comptant vos jours de quel côté vous tombez, et vous pouvez organiser votre année en conséquence.

Elle est insuffisante : ne pas être résident thaïlandais ne fait pas de vous un non-résident français. Les quatre critères de l’article 4 B s’appliquent indépendamment, et le critère du foyer prime. Quelqu’un qui passe moins de 180 jours en Thaïlande sans avoir réellement transféré sa vie hors de France reste résident français, imposable sur ses revenus mondiaux.

Tenez donc deux comptages distincts : vos jours en Thaïlande pour la règle locale, et l’ensemble des éléments de votre vie pour la règle française.

Visas, santé et patrimoine français

L’installation suppose un visa de long séjour, dont plusieurs formules existent, y compris destinées aux retraités, avec leurs conditions financières propres et leurs renouvellements périodiques. Certaines exigent la justification d’une assurance maladie.

Il n’existe aucune coordination de sécurité sociale avec la France : la couverture santé est intégralement privée, et son coût croît fortement avec l’âge.

Côté français, vos revenus fonciers et plus-values immobilières français restent imposables en France, l’IFI se limite à vos biens français, et la Thaïlande ne figure pas parmi les États ouvrant le sursis automatique d’exit tax : déclaration à quatre-vingt-dix jours, représentant fiscal et garanties s’imposent pour un contribuable dans le champ.

Questions fréquentes

La Thaïlande est-elle encore intéressante fiscalement ?

Beaucoup moins depuis 2024. Le mécanisme qui permettait d'échapper à l'impôt local en décalant le rapatriement d'une année ne fonctionne plus. Le coût de la vie reste le principal argument de la destination, mais il ne s'agit plus d'un argument fiscal.

Que se passe-t-il si je ne rapatrie rien ?

Les revenus étrangers non rapatriés restent hors du champ de l'imposition thaïlandaise. En pratique, vivre sur place suppose d'y faire entrer des fonds, ce qui rend ce montage largement théorique pour un résident permanent.

Les 180 jours suffisent-ils à me rendre non-résident français ?

Non. Ce seuil détermine votre résidence thaïlandaise. Votre résidence française s'apprécie séparément selon les quatre critères de l'article 4 B, et le critère du foyer prime sur le décompte des jours.

Faut-il un conseil local ?

Oui, et plus qu'ailleurs. La doctrine sur la nouvelle interprétation se construit encore, et les positions publiées évoluent. Sur cette destination, un article ne remplace pas un avis à jour rendu sur votre situation.

Que se passe-t-il si je passe moins de 180 jours en Thaïlande ?

Vous n'êtes pas résident fiscal thaïlandais pour l'année considérée, et l'imposition des revenus étrangers rapatriés ne vous concerne pas. Mais attention au raisonnement inverse : ne pas être résident thaïlandais ne fait pas de vous un non-résident français. Si votre foyer, votre activité ou votre centre d'intérêts économiques demeurent en France, vous restez résident français, imposable sur vos revenus mondiaux. Beaucoup de projets se construisent sur ce malentendu.

La convention évite-t-elle la double imposition ?

Elle l'organise, ce qui n'est pas la même chose que la supprimer. La convention franco-thaïlandaise répartit le droit d'imposer entre les deux États et prévoit un mécanisme d'élimination, dont la méthode, exemption ou imputation, détermine le résultat final. Elle doit être lue poste par poste, et sa mise en œuvre suppose d'être invoquée et documentée dans les deux pays.

Sources

Revenue Department thaïlandais, instructions relatives à l'imposition des revenus de source étrangère rapatriés, applicables à compter de 2024 · Convention fiscale franco-thaïlandaise · Réglementation thaïlandaise des visas de long séjour

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

Découvrir son parcours

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

Pour aller plus loin

Applique-le à ta situation.

SAFIA réunit tes comptes et répond à tes questions à partir de tes chiffres, pas de cas généraux.

Télécharger l'app

Installer SAFIA

L'application est gratuite, sur iPhone et sur Android.

App Store iPhone et iPad Google Play Android

Ou scanne ce code avec ton téléphone : il t'enverra vers le magasin qui correspond à ton appareil.