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Construire à Saint-Barthélemy : taxe d'aménagement et plafond de densité
9 min de lecture Saint-Barthélemy
Vérifié le 7 octobre 2026
Le tableau de synthèse
| Ce que dit le code | |
|---|---|
| Texte | Articles 134 à 138 et 151 à 154 du Code des contributions |
| Qui paie | Le bénéficiaire du permis de construire ou d’aménager |
| Taux | 5 %, jusqu’à 20 % dans certains secteurs |
| Valeur forfaitaire, habitation principale | 730 € par m² de surface de plancher |
| Valeur forfaitaire, autres constructions | 1 022 € par m² |
| Piscine | 200 € par m² |
| Stationnement hors surface de plancher | 2 000 € par emplacement |
| Abattement | 50 % sur les cent premiers m² d’une habitation principale |
| Paiement | Deux fractions, à 18 et 36 mois du permis |
| Construction sans autorisation | Amende égale à la taxe |
| Dépassement du plafond de densité | Versement égal à la valeur du terrain manquant |
Qui doit la taxe, et quand elle naît
L’article 134 soumet à la taxe « les opérations d’aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d’agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature » soumises à un régime d’autorisation par le code de l’urbanisme de Saint-Barthélemy.
Le redevable est le bénéficiaire de l’autorisation. En cas de construction sans autorisation, ou en infraction à l’autorisation, c’est la personne responsable de la construction.
Le fait générateur est, selon les cas, la date de délivrance du permis de construire ou d’aménager, celle du permis modificatif, celle de la naissance d’une autorisation tacite, ou celle de la décision de non-opposition à une déclaration préalable. La taxe est liquidée selon les valeurs et le taux en vigueur à cette date.
Le régime actuel s’applique aux autorisations dont la demande a été déposée à compter du 1er juillet 2019. Les demandes antérieures restent régies par les règles précédentes.
La base : une valeur forfaitaire
L’article 135 ne retient pas le prix de la construction. Il fixe une valeur forfaitaire :
- 730 € par mètre carré de surface de plancher, pour les constructions à usage d’habitation principale et leurs annexes ;
- 1 022 € par mètre carré, pour les autres constructions ;
- 200 € par mètre carré de surface de piscine ;
- 2 000 € par emplacement, pour les aires de stationnement non comprises dans la surface de plancher.
Un abattement de 50 % s’applique à ces valeurs pour les cent premiers mètres carrés des locaux à usage d’habitation principale et de leurs annexes.
La différence entre 730 € et 1 022 € sépare deux mondes : la maison où l’on vit, et tout le reste, c’est-à-dire la résidence secondaire, la villa destinée à la location, le commerce, le bureau.
Le taux : 5 %, parfois jusqu’à 20 %
Le taux est fixé à 5 %. Il peut être augmenté jusqu’à 20 % dans certains secteurs, par délibération motivée du conseil territorial, lorsque l’importance des constructions nouvelles rend nécessaires des travaux substantiels de voirie ou de réseaux, ou la création d’équipements publics. Ces secteurs figurent sur un document graphique annexé à la carte d’urbanisme.
Avant d’acheter un terrain, il faut donc vérifier dans quel secteur il se trouve. Entre 5 % et 20 %, la taxe quadruple.
Si la demande d’autorisation est déposée pendant la validité d’un certificat d’urbanisme, le taux le plus favorable est appliqué.
Un exemple chiffré : deux projets
La maison de Romain et Clara Besson, personnages fictifs, sera leur résidence principale : 180 m² de surface de plancher et une piscine de 30 m².
| Calcul | Valeur | |
|---|---|---|
| Cent premiers m², avec abattement de 50 % | 100 × 730 € × 50 % | 36 500 € |
| 80 m² suivants | 80 × 730 € | 58 400 € |
| Piscine | 30 × 200 € | 6 000 € |
| Base | 100 900 € | |
| Taxe d’aménagement | 5 % | 5 045 € |
La villa de Sébastien Royer, personnage fictif, est destinée à la location : 300 m² de surface de plancher, une piscine de 50 m² et quatre places de stationnement extérieures.
| Calcul | Valeur | |
|---|---|---|
| Surface de plancher | 300 × 1 022 € | 306 600 € |
| Piscine | 50 × 200 € | 10 000 € |
| Stationnement | 4 × 2 000 € | 8 000 € |
| Base | 324 600 € | |
| Taxe d’aménagement | 5 % | 16 230 € |
Dans les deux cas, la taxe se paie en deux fois : la moitié dix-huit mois après le permis, l’autre moitié à trente-six mois. Pour la villa de Sébastien, cela fait deux échéances de 8 115 €. Dans un secteur à 20 %, sa taxe serait de 64 920 €.
Rapportée à un coût de construction de plusieurs millions d’euros, la taxe d’aménagement reste modeste. Ce n’est pas elle qui pèse sur un projet, mais le droit de quai sur les matériaux importés, et le cas échéant le versement pour dépassement de densité.
Le paiement : dix-huit et trente-six mois
L’article 151 fixe le calendrier :
- la taxe est versée en deux fractions égales, ou en un versement unique si elle n’excède pas 305 € ;
- le premier versement est exigible à l’expiration d’un délai de dix-huit mois à compter de la délivrance du permis, ou de la date de l’autorisation tacite ;
- le second à l’expiration d’un délai de trente-six mois à compter de la même date ;
- en cas de permis modificatif, le complément est dû dans le délai d’un an à compter de la modification.
Le délai court depuis le permis, et non depuis l’ouverture du chantier ou l’achèvement. Un permis obtenu puis laissé en attente fait donc courir les échéances.
Sont solidaires du paiement les établissements garants de l’achèvement de la construction, ainsi que les époux et les partenaires de PACS.
En cas de transfert du permis, le nouveau titulaire devient redevable, et le titre émis contre le premier est annulé.
Obtenir une décharge ou une restitution
L’article 152 permet au redevable d’obtenir la décharge, la réduction ou la restitution de la taxe dans cinq cas :
- il justifie qu’il n’a pas été en mesure de donner suite à l’autorisation de construire ;
- un permis modificatif réduit le montant dû ;
- les constructions sont démolies en vertu d’une décision de justice, sauf si elles avaient été édifiées sans autorisation ou en infraction ;
- une catastrophe naturelle a détruit les locaux ou les a rendus bons à démolir, pour la taxe dont le dernier versement n’était pas échu au jour du sinistre, et si l’indemnité reçue ne couvre pas déjà la taxe ;
- une erreur a été commise dans l’assiette ou le calcul.
Le premier cas vise le projet qui n’a pas pu être mené à bien : il faut justifier d’une impossibilité, et non d’un simple renoncement.
Ce qui échappe à la taxe
L’article 134 exclut du champ :
- les constructions destinées à un service public ou d’utilité publique, dont la liste est fixée par le conseil territorial ;
- les aménagements imposés par un plan de prévention des risques sur des biens régulièrement construits avant ce plan ;
- la reconstruction à surface et destination identiques d’un bâtiment détruit ou démoli depuis moins de dix ans ;
- les autres catégories déterminées par délibération.
L’exclusion de la reconstruction à l’identique compte sur une île exposée aux cyclones : rebâtir ce qui a été détruit ne déclenche pas la taxe, si la surface et la destination ne changent pas et si la reconstruction intervient dans les dix ans.
Construire sans autorisation : le double
L’article 160 est sans nuance. Dans le cas d’une construction sans autorisation ou en infraction aux obligations de l’autorisation, le constructeur doit, outre la taxe ou le complément de taxe, « une amende d’égal montant ».
Selon l’article 151, la base est alors notifiée au comptable par le président du conseil territorial, et le recouvrement est poursuivi immédiatement, sans attendre dix-huit mois.
Sur la villa de Sébastien, une construction non autorisée coûterait 32 460 € au lieu de 16 230 €, payables tout de suite, sans préjudice des sanctions d’urbanisme.
Le dépassement du plafond de densité
Le second prélèvement est d’une autre nature et d’un autre ordre de grandeur.
L’article 136 institue un versement dû en cas de construction dont la densité dépasse le plafond fixé par la carte d’urbanisme ou, en l’absence de carte, une densité de 1. La densité est le rapport entre la surface de plancher et la surface du terrain.
Son montant est fixé par l’article 137 : il est « égal à la valeur du terrain dont l’acquisition serait nécessaire pour que la densité de la construction n’excède pas ce plafond ». Le constructeur paie, en quelque sorte, le terrain qui lui manque.
Un exemple, avec des chiffres choisis pour l’illustration. Un terrain de 1 000 m² est soumis à un plafond de densité de 0,2 : il autorise 200 m² de surface de plancher. Le projet en prévoit 260. Pour porter 260 m² à cette densité, il faudrait 1 300 m² de terrain, soit 300 m² de plus. Si le terrain vaut 3 000 € le mètre carré, le versement est de 900 000 €.
Soixante mètres carrés de trop coûtent ici autant qu’un autre terrain. Le mécanisme est fait pour dissuader, et il y parvient.
La valeur du terrain est déclarée dans la demande de permis. Le conseil exécutif peut la contester ; en cas de désaccord persistant, elle est fixée par la juridiction compétente en matière d’expropriation. Le désaccord ne bloque pas la délivrance du permis.
Le versement se paie en trois fractions égales, exigibles trois mois, six mois et dix-huit mois après la délivrance du permis (article 153). Il constitue, du point de vue fiscal, un élément du prix de revient du terrain (article 136).
Le lien avec la revente
La taxe d’urbanisme acquittée n’est pas perdue. L’article 102 ajoute au prix d’acquisition, sur justificatifs, le montant de la taxe locale d’urbanisme, pour le calcul de l’impôt sur la plus-value lors de la revente. Il faut donc en conserver la quittance avec les factures de construction.
Questions fréquentes
Comment se calcule la taxe d'aménagement à Saint-Barthélemy ?
On applique un taux de 5 % à une valeur forfaitaire : 730 € par mètre carré de surface de plancher pour une habitation principale, 1 022 € pour les autres constructions, 200 € par mètre carré de piscine et 2 000 € par emplacement de stationnement hors surface de plancher, selon l'article 135 du Code des contributions.
La résidence principale bénéficie-t-elle d'un avantage ?
Oui, de deux manières. La valeur forfaitaire est de 730 € au lieu de 1 022 € par mètre carré, et un abattement de 50 % s'applique aux cent premiers mètres carrés des locaux à usage d'habitation principale et de leurs annexes.
Quand faut-il payer la taxe ?
En deux fractions égales : la première dix-huit mois après la délivrance du permis de construire, la seconde trente-six mois après cette même date. Un versement unique est prévu quand le montant n'excède pas 305 €. Le délai court depuis le permis, pas depuis le début des travaux.
Que se passe-t-il si l'on renonce à construire ?
L'article 152 permet d'obtenir la décharge ou la restitution de la taxe lorsque le redevable justifie qu'il n'a pas été en mesure de donner suite à l'autorisation de construire. Le texte vise une impossibilité, à établir par des justificatifs, plutôt qu'un simple changement d'avis.
La reconstruction après un cyclone est-elle taxée ?
Non, si elle se fait à surface de plancher et à destination identiques et concerne un bâtiment détruit ou démoli depuis moins de dix ans. L'article 134 exclut ce cas du champ de la taxe. Si la surface ou la destination change, l'exclusion ne joue plus.
Qu'est-ce que le versement pour dépassement du plafond de densité ?
C'est une participation due lorsque la surface construite dépasse la densité autorisée par la carte d'urbanisme. Son montant est égal à la valeur du terrain qu'il aurait fallu acquérir pour respecter le plafond. Il se paie en trois fractions, à trois, six et dix-huit mois du permis.
Sources
Code des contributions de Saint-Barthélemy, version consolidée au 30 mars 2023, articles 102, 134 à 138, 151 à 154 et 160, dans leur rédaction issue des délibérations n° 2019-043 CT du 13 juin 2019 et n° 2019-062 CT du 4 octobre 2019 · Annexe à la délibération n° 2024-038 CT du 26 septembre 2024 portant révision du code des contributions, articles 151 et 160 dans leur rédaction en vigueur.
Chiffres et textes vérifiés au 7 octobre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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