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Concubin, PACS, mariage : trois régimes très inégaux
Mis à jour le 4 min de lecture Donation et succession
Le tableau
| Statut | Héritier de plein droit ? | Droits de succession |
|---|---|---|
| Marié | Oui | Exonération totale |
| Pacsé | Non | Exonération totale si désigné par testament |
| Concubin | Non | 60 % après 1 594 € d’abattement |
Le piège du PACS
C’est l’erreur la plus répandue et l’une des plus coûteuses.
Le PACS confère l’exonération fiscale, ce qui est bien connu. Il ne confère aucune vocation successorale, ce qui l’est beaucoup moins.
Sans testament, le partenaire pacsé ne reçoit rien : la succession revient aux enfants, aux parents ou aux collatéraux selon l’ordre légal. Il dispose seulement d’un droit temporaire au logement d’un an.
Un testament désignant le partenaire, dans la limite de la quotité disponible s’il y a des enfants, suffit à corriger cela. Il faut le rédiger.
Le concubin
Il cumule les deux handicaps : ni héritier, ni exonéré.
Un legs de 200 000 € à un concubin produit, après l’abattement de 1 594 €, des droits de l’ordre de 119 000 €, soit près de 60 % de la somme. Le concubin doit parfois vendre le bien légué pour acquitter les droits.
L’assurance-vie est ici l’outil décisif. Un contrat alimenté avant 70 ans transmet 152 500 € par bénéficiaire, sans considération du lien de parenté. Pour un couple non marié, c’est de très loin le meilleur véhicule de protection mutuelle.
L’exemple chiffré
Exemple. Élodie et Marc, concubins depuis quinze ans, sans enfants communs. Marc a un fils d’une union précédente. Marc décède, laissant 300 000 €.
Sans disposition. Le fils hérite de tout. Élodie ne reçoit rien et n’a qu’un droit temporaire limité sur le logement.
Avec un testament léguant la quotité disponible. Avec un enfant, la quotité disponible est de la moitié, soit 150 000 €. Droits : (150 000 − 1 594) × 60 % = 89 044 €. Élodie reçoit environ 61 000 € nets.
Avec une assurance-vie de 150 000 € désignant Élodie, alimentée avant 70 ans. Elle reçoit 150 000 € nets, hors succession, sans droits.
Écart : environ 89 000 €, pour la même intention et le même montant transmis.
Le testament du partenaire pacsé : ce qu’il doit contenir
Puisque le PACS confère l’exonération sans la vocation successorale, le testament est la pièce qui fait tout. Quatre points méritent d’y figurer.
La désignation expresse du partenaire, avec l’indication de ce qui lui est légué : la quotité disponible, un bien déterminé, ou l’usufruit du logement. En présence d’enfants, le legs ne peut excéder la quotité disponible, soit la moitié du patrimoine avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus.
Le sort du logement, traité spécifiquement. Un legs en usufruit du logement protège durablement le partenaire sans priver les enfants de la nue-propriété. Sans disposition, le partenaire ne dispose que d’un droit temporaire d’un an.
La désignation d’un exécuteur testamentaire, utile lorsque les relations avec la famille du défunt sont incertaines.
La forme et la conservation. Un testament olographe doit être entièrement écrit à la main, daté et signé. Son inscription au fichier central des dispositions de dernières volontés, effectuée par un notaire, coûte quelques dizaines d’euros et garantit qu’il sera retrouvé. Un testament parfaitement rédigé mais jamais découvert ne produit aucun effet.
À ces quatre points s’ajoute une vérification : la clause bénéficiaire de chaque contrat d’assurance-vie doit désigner le partenaire. Le testament ne s’y substitue pas, et l’articulation entre les deux est une source classique de contentieux.
Ce que le mariage apporte au-delà de la fiscalité
L’exonération de droits est identique pour le partenaire pacsé et pour le conjoint marié. La différence se joue ailleurs, et elle est considérable.
La vocation successorale de plein droit. Le conjoint hérite sans testament, ce qui met le patrimoine à l’abri d’un oubli, d’un testament nul ou d’un document introuvable.
Le droit viager au logement, qui permet au conjoint de demeurer dans la résidence principale sa vie durant, là où le partenaire pacsé ne dispose que d’un droit temporaire d’un an, sauf disposition testamentaire.
La pension de réversion, ouverte au conjoint et au conjoint divorcé sous conditions, mais fermée au partenaire pacsé comme au concubin. Pour un couple dont l’un dispose de droits à retraite très supérieurs à l’autre, ce seul point peut représenter davantage, sur vingt ans, que l’ensemble des droits de succession évités.
La donation entre époux, qui élargit les droits du survivant et lui ouvre une option au décès. Elle n’a pas d’équivalent pour un partenaire pacsé.
Le PACS reste un excellent outil de protection fiscale. Il n’est pas, en revanche, un régime de protection du survivant, et c’est cette distinction qui doit guider la décision.
Questions fréquentes
Un partenaire pacsé hérite-t-il sans testament ?
Non. C'est l'erreur la plus répandue et la plus coûteuse. Le PACS confère l'exonération de droits de succession, mais aucune vocation successorale : sans testament, le partenaire ne reçoit rien, la succession revenant aux enfants, aux parents ou aux collatéraux.
Un concubin peut-il être protégé autrement ?
Oui, principalement par l'assurance-vie, qui transmet 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, sans considération du lien de parenté. C'est de très loin le meilleur véhicule pour un couple non marié, puisqu'un legs subirait 60 % de droits après un abattement de 1 594 €.
Se pacser suffit-il à protéger le logement ?
Non. Le partenaire pacsé dispose d'un droit temporaire au logement d'un an seulement. Pour aller au-delà, un testament léguant l'usufruit ou le droit d'habitation est nécessaire, dans la limite de la quotité disponible s'il y a des enfants.
Le partenaire pacsé a-t-il droit à la réversion ?
Non. La pension de réversion est réservée au conjoint marié, et au conjoint divorcé sous conditions. Ni le partenaire pacsé ni le concubin n'y ont droit, quelle que soit la durée de la vie commune.
Le PACS protège-t-il le logement commun ?
Très partiellement. Le partenaire survivant bénéficie d'un droit temporaire au logement d'un an, ce qui évite une expulsion immédiate mais ne règle rien au-delà. Il ne dispose pas du droit viager d'habitation reconnu au conjoint marié. Pour sécuriser durablement l'occupation, un testament léguant l'usufruit du logement ou un droit d'habitation est nécessaire, dans la limite de la quotité disponible s'il y a des enfants. Lorsque le logement est détenu en indivision, une convention d'indivision peut également organiser la situation.
Comment protéger un concubin sans se marier ni se pacser ?
Par l'assurance-vie en priorité, qui transmet 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, sans considération du lien de parenté et hors succession. Un testament peut compléter, dans la limite de la quotité disponible, mais le legs subira 60 % de droits après un abattement de 1 594 €. Ces deux outils ne remplacent pas ce que le mariage apporte en matière de réversion et de droits légaux : c'est un arbitrage à poser clairement, pas une équivalence.
Sources
Code civil, articles 515-1 et suivants (PACS), 731 et suivants (ordre des héritiers), 763 (droit temporaire au logement) · Code général des impôts, articles 777, 788 et 796-0 bis · Code général des impôts, article 990 I.
Chiffres et textes vérifiés au 16 septembre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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