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Dividendes, intérêts et plus-values : dix territoires comparés
10 min de lecture Fiscalité comparée
Vérifié le 9 octobre 2026
Le tableau de synthèse
| Territoire | Dividendes | Intérêts | Plus-values sur titres |
|---|---|---|---|
| France | 31,4 % | 31,4 % | 31,4 % |
| Saint-Barthélemy | Aucun impôt local ; impôt français les cinq premières années | Même règle | Même règle |
| Monaco | Aucun impôt, sauf pour un Français (article 7) | Même règle | Pas d’impôt sur le revenu, mais aucune règle officielle expresse ; Français imposé en France (article 7) |
| Italie | 26 % | 26 % | 26 % |
| Chypre | Domicilié : 5 % (bénéfices de 2026 et après) ; non-domicilié : 0 % ; contribution santé de 2,65 % | Domicilié : 17 % ; non-domicilié : 0 % ; même contribution | Exonérées, sauf exception immobilière |
| Monténégro | 15 %, plus surtaxe communale | Même règle | 15 % |
| Émirats arabes unis (Dubaï) | Aucun impôt | Aucun impôt | Aucun impôt |
| États-Unis, niveau fédéral | Qualifiés : 0 %, 15 % ou 20 %, plus 3,8 % | Barème jusqu’à 37 %, plus 3,8 % | Long terme : comme les dividendes qualifiés |
| Floride (Miami) | Aucun impôt d’État, impôt fédéral en plus | Même règle | Même règle |
| Texas | Aucun impôt d’État, impôt fédéral en plus | Même règle | Même règle |
| New York | État jusqu’à 10,9 %, ville jusqu’à 3,876 %, impôt fédéral en plus | Même règle | Même règle |
Règles de 2026 pour un particulier résident. Floride, Texas et New York sont trois États d’un même pays : la ligne fédérale se lit avec chacun d’eux. L’absence d’impôt aux Émirats arabes unis laisse entière l’exit tax française, sans sursis de paiement automatique.
En France, 31,4 % depuis le 1er janvier 2026
Le prélèvement forfaitaire unique (article 200 A du Code général des impôts, CGI) additionne 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, portés de 17,2 % à 18,6 % par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Restent à 30 % : l’assurance-vie avant huit ans, le PEL et le CEL.
L’option pour le barème, globale, ouvre l’abattement de 40 % sur les dividendes et la CSG déductible ; elle est révocable pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2026. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de 3 % ou 4 %, peut s’ajouter.
Saint-Barthélemy et Monaco : aucun impôt local, mais la France reste
À Saint-Barthélemy, aucun impôt local ne frappe ces revenus. Mais l’article LO 6214-4 du Code général des collectivités territoriales n’y reconnaît le domicile fiscal « qu’après y avoir résidé pendant cinq ans au moins » : jusque-là, la personne est réputée domiciliée en métropole et paie l’impôt français sur ses revenus mondiaux. Ensuite, ses revenus de source française restent imposables en France ; taux et prélèvements sociaux se font confirmer par un fiscaliste, faute de texte officiel qui les détaille.
À Monaco, il n’existe pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques ; les pages officielles ne disent rien d’exprès des plus-values. Les Français font exception : l’article 7 de la convention du 18 mai 1963 les assujettit à l’impôt sur le revenu français « dans les mêmes conditions que si elles avaient leur domicile ou leur résidence en France ». Les prélèvements sociaux ne sont dus que si un critère de l’article 4 B du CGI est rempli.
Italie : 26 %, ou le forfait des nouveaux résidents
Un résident italien supporte une retenue libératoire de 26 % sur ses dividendes (DPR 600/1973, article 27), et le même taux sur ses intérêts et plus-values sur titres (DL 66/2014, article 3), titres d’État exclus.
L’article 24-bis du TUIR offre à qui n’a pas été résident fiscal d’Italie pendant au moins neuf des dix périodes d’imposition précédentes un forfait de 300 000 € par an pour une installation à compter du 1er janvier 2026 (200 000 € auparavant), quinze ans au plus. Il couvre les revenus produits à l’étranger, sauf les plus-values de participations qualifiées des cinq premières périodes.
Chypre après la réforme de 2026
La contribution spéciale à la défense (SDC) ne frappe que les résidents domiciliés à Chypre. Depuis le 1er janvier 2026, elle est de 5 % sur les dividendes tirés de bénéfices de 2026 et après (17 % auparavant), de 17 % jusqu’au 31 décembre 2031 sur ceux qu’une société chypriote tire de bénéfices antérieurs, et de 17 % sur les intérêts. Selon PwC, les dividendes échappent à l’impôt sur le revenu.
Est réputé domicilié celui qui a été résident fiscal au moins 17 des 20 années précédentes : un nouvel arrivant échappe donc à la SDC. La contribution santé (GESY) de 2,65 % reste due, dans la limite de 180 000 € de revenus par an. Les plus-values sur titres sont exonérées, sauf actions de sociétés détenant de l’immobilier à Chypre.
Monténégro et Émirats arabes unis
Au Monténégro, dividendes (sur leur montant brut), intérêts et plus-values sur parts et actions sont taxés à 15 %. Le taux était de 9 % avant le 1er janvier 2022 : les pages qui le citent encore sont périmées. Une surtaxe communale s’ajoute à l’impôt sur les revenus de capitaux, dans la limite légale de 13 % de l’impôt (15 % à Podgorica et Cetinje) ; son application aux plus-values n’est pas établie.
Aux Émirats arabes unis, faute d’impôt sur le revenu des personnes physiques, dividendes, intérêts et plus-values perçus à titre privé ne sont pas imposés. La contrepartie est française : clause des participations de plus de 25 % et exit tax sans sursis automatique.
États-Unis : l’impôt fédéral, puis celui de l’État
Au niveau fédéral, les plus-values à long terme (titres détenus plus d’un an) et les dividendes qualifiés sont imposés à 0 %, 15 % ou 20 %. En 2026, un célibataire reste à 0 % jusqu’à 49 450 $ de revenu imposable et atteint 20 % au-delà de 545 500 $ (Revenue Procedure 2025-32). Les autres plus-values, intérêts et dividendes suivent le barème, jusqu’à 37 %. S’ajoute une taxe de 3,8 % sur le revenu net d’investissement (section 1411) au-delà de 200 000 $ de revenu pour un célibataire, 250 000 $ pour un couple.
- Floride : la Constitution (article VII, section 5) exclut en pratique tout impôt d’État sur le revenu des particuliers.
- Texas : la Constitution interdit l’impôt sur le revenu des particuliers (article VIII, section 24-a) et, depuis le 4 novembre 2025, tout impôt sur les plus-values (section 24-b).
- New York : aucun taux réduit (Tax Law, section 612) ; s’appliquent les barèmes de l’État, de 3,90 % à 10,9 %, et de la ville, de 3,078 % à 3,876 %.
Citoyens et titulaires d’une carte verte restent imposés par les États-Unis sur leurs revenus mondiaux, même installés à l’étranger.
Les plus-values immobilières, en bref
La France prélève 19 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 %, et exonère la résidence principale. Saint-Barthélemy taxe à 35 % avant la huitième année de détention, à 20 % au-delà. Pour Monaco, aucune règle officielle n’a été trouvée. L’Italie impose la revente dans les cinq ans, avec une option à 26 %. Chypre prélève 20 % sur les immeubles situés à Chypre, le Monténégro 15 %, résidence unique et principale exonérée. Les Émirats n’imposent rien. Aux États-Unis, les taux fédéraux et d’État sont ceux des plus-values sur titres.
Un immeuble situé en France reste imposable en France : 19 % et 17,2 % pour un vendeur non résident (article 244 bis A du CGI).
Ce que la France continue de prélever
Dividendes de source française. Un non-résident personne physique supporte une retenue à la source de 12,8 %, taux au 1er janvier 2026 (articles 119 bis et 187 du CGI), sans prélèvements sociaux ; 75 % vers un État non coopératif. Les conventions avec l’Italie (1989), Chypre (1981), l’ex-Yougoslavie pour le Monténégro (1974) et les États-Unis (1994) plafonnent la retenue à 15 %, au-dessus du taux interne. Celle avec Monaco ne prévoit aucune réduction ; celle avec les Émirats arabes unis écarte toute retenue française.
Plus-values de titres français. L’article 11 de la convention franco-émirienne du 19 juillet 1989 les rend imposables en France quand le cédant a droit, directement ou indirectement, à plus de 25 % des bénéfices de la société. Le protocole de la convention franco-italienne pose la même règle à partir de 25 %. Les conventions avec Chypre (1981) et les États-Unis n’ont pas cette clause ; pour Chypre, l’effet de la convention multilatérale sur ce point reste à vérifier auprès d’un fiscaliste.
L’exit tax sur les plus-values latentes
L’article 167 bis du CGI impose les plus-values latentes de celui qui quitte la France après y avoir été domicilié au moins six des dix années précédentes, s’il détient des titres dont la valeur globale excède 800 000 € ou au moins 50 % des bénéfices d’une société. Le taux est de 31,4 % pour un départ en 2026.
Le sursis de paiement est automatique vers l’Union européenne, donc l’Italie et Chypre, et vers les territoires listés par la notice 2074-ETD pour les transferts à compter du 1er janvier 2025 : Saint-Barthélemy y figure, les Émirats arabes unis non. Ailleurs, il se demande dans les 90 jours précédant le départ, avec représentant fiscal établi en France et garanties. Pour le Monténégro et les États-Unis, la liste se vérifie avant le départ. Le dégrèvement intervient après deux ans sous 2 570 000 € de titres, cinq ans au-delà.
Vers Saint-Barthélemy, le transfert n’intervient qu’au terme de la cinquième année de résidence, de date à date, et seul l’impôt sur le revenu de 12,8 % est dû. Vers Monaco, la notice ne voit pas de transfert hors de France pour un Français.
Un exemple chiffré : 100 000 € de dividendes dans six situations
Paul Garnier, personnage fictif, reçoit 100 000 € de dividendes, tirés de bénéfices de 2026, d’une société établie là où il réside depuis longtemps.
| Résidence | Prélèvements | Calcul | Total |
|---|---|---|---|
| France | Impôt 12,8 %, prélèvements sociaux 18,6 % | 12 800 € + 18 600 € | 31 400 € |
| Italie | Retenue de 26 % | 100 000 € × 26 % | 26 000 € |
| Chypre, domicilié | SDC 5 %, contribution santé 2,65 % | 5 000 € + 2 650 € | 7 650 € |
| Chypre, non domicilié | Contribution santé 2,65 % | 100 000 € × 2,65 % | 2 650 € |
| Monténégro | Impôt 15 %, surtaxe au plafond de 13 % de l’impôt | 15 000 € + 1 950 € | 16 950 € |
| Émirats arabes unis | Aucun impôt | sans objet | 0 € |
Le calcul laisse de côté :
- l’impôt payé d’abord par la société : 25 % en France, 24 % en Italie, 15 % à Chypre, de 9 % à 15 % au Monténégro, 0 % puis 9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice aux Émirats ;
- l’option pour le barème et la contribution sur les hauts revenus en France, le plafond de la contribution santé à Chypre, supposé non atteint, et le taux de surtaxe voté par la commune au Monténégro (au plafond selon PwC, août 2026) ;
- une société française : la France retiendrait d’abord 12,8 %, sauf vers les Émirats.
Saint-Barthélemy, Monaco et les États-Unis n’y figurent pas : le résultat y dépend de la durée de résidence, de la nationalité, ou de seuils en dollars.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'imposition des dividendes en France en 2026 ?
Le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt (article 200 A du CGI) et 18,6 % de prélèvements sociaux. L'option pour le barème ouvre un abattement de 40 %.
Dans quels territoires les dividendes d'un particulier ne sont-ils pas imposés ?
Aux Émirats arabes unis et à Monaco, faute d'impôt sur le revenu des personnes, et à Saint-Barthélemy, faute d'impôt local. Un Français reste toutefois imposé en France à Monaco et, pendant cinq ans, à Saint-Barthélemy. Un départ vers les Émirats n'ouvre pas le sursis de paiement automatique de l'exit tax.
Un Français installé à Monaco paie-t-il l'impôt sur ses dividendes ?
Oui. L'article 7 de la convention franco-monégasque du 18 mai 1963 l'assujettit à l'impôt sur le revenu français comme s'il résidait en France. Les prélèvements sociaux ne sont dus que si un critère de l'article 4 B du CGI est rempli.
Combien paie un résident de Chypre sur ses dividendes depuis 2026 ?
Un résident domicilié paie 5 % de contribution spéciale à la défense sur les dividendes tirés de bénéfices de 2026 et après ; un non-domicilié, 0 %. Tous deux paient 2,65 % de contribution santé, jusqu'à 180 000 € de revenus par an.
Les dividendes d'une société française sont-ils taxés en France après un départ ?
Oui, sauf convention contraire. Un non-résident personne physique supporte une retenue de 12,8 %, taux au 1er janvier 2026, sans prélèvements sociaux. La convention avec les Émirats arabes unis écarte cette retenue.
Qui est concerné par l'exit tax en 2026 ?
Celui qui a été domicilié en France au moins six des dix années précédant son départ, avec des titres d'une valeur globale excédant 800 000 € (article 167 bis du CGI). Le taux est de 31,4 % pour un départ en 2026.
Sources
Code général des impôts, articles 158, 200 A, 119 bis, 187 et 244 bis A · Service-public, taux du prélèvement forfaitaire unique · Service-public, prélèvements sociaux sur les revenus du capital · impots.gouv.fr, dividendes des non-résidents · Code général des impôts, article 167 bis · DGFiP, notice n° 2074-ETD-NOT · Code général des collectivités territoriales, article LO 6214-4 · Convention franco-monégasque du 18 mai 1963, article 7 · DL 66/2014, article 3 · TUIR, article 24-bis · Chypre, contribution spéciale à la défense · Chypre, système général de santé · Monténégro, loi sur l'impôt sur le revenu, Sl. list CG n° 160/2025 · Convention franco-émirienne du 19 juillet 1989, articles 8 et 11 · IRS, Revenue Procedure 2025-32
Chiffres et textes vérifiés au 9 octobre 2026. Les taux et seuils évoluent : cet article sera daté à nouveau s'il est mis à jour.
Maxime Bouché
Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.
Découvrir son parcoursCet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet
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