Aller au contenu

Particuliers

ParticuliersADN InvestisseurAssistant IACockpit stratégique

Professionnels

ConseillersInstitutions

Ressources

OutilsComparatifLe blog

SAFIA

TarifsLe fondateurNotre méthodeSécurité et conformité Télécharger l'app

Fiscalité comparée

Accueil Le blog Fiscalité comparée

Dubaï ou Chypre : deux fiscalités, et ce que la France garde

10 min de lecture Fiscalité comparée

Vérifié le 9 octobre 2026

Le tableau de synthèse

SujetDubaï (Émirats arabes unis)Chypre
Impôt sur le revenuAucunBarème jusqu’à 35 %, à partir de 72 001 €
DividendesAucun impôtDomicilié : 5 % (bénéfices de 2026 et après) ; non-domicilié : 0 %
IntérêtsAucun impôtDomicilié : 17 % ; non-domicilié : 0 %
Plus-values sur titresAucun impôtExonérées, sauf exception immobilière
Contribution santéAucune cotisation pour un salarié étranger, selon PwC2,65 % (GESY), même pour un non-domicilié
FortuneAucun impôt, selon PwCAucun impôt relevé
SuccessionAucun droit, selon PwCAucun droit depuis 2000
Impôt sur les sociétés9 % au-delà de 375 000 AED de bénéfice15 % depuis 2026
TVA5 %19 %
Condition de résidence183 jours, ou 90 jours sous conditionsPlus de 183 jours, ou 60 jours sous conditions
Régime des nouveaux résidentsSans objetNon-domicilié, 17 ans sur 20 ; hauts salaires exonérés à 50 %
Convention avec la France19 juillet 198918 décembre 1981 ; celle de 2023 n’est pas en vigueur
Exit tax au départPas de sursis automatiqueSursis automatique

Aucun impôt sur le revenu à Dubaï, un barème à Chypre

Le portail fédéral des Émirats est net : « The UAE does not levy income tax on individuals ». Selon PwC, seuls les nationaux des Émirats et du Golfe y paient des cotisations sociales.

Chypre applique aux revenus de 2026 le barème de la loi N.244(I)/2025 : 0 % jusqu’à 22 000 €, 20 % jusqu’à 32 000 €, 25 % jusqu’à 42 000 €, 30 % jusqu’à 72 000 €, 35 % à partir de 72 001 €. S’ajoute la contribution santé (GESY) : 2,65 % sur les salaires, 4 % pour les indépendants, jusqu’à 180 000 € de revenus par an.

Les hauts salaires ont leur exonération (article 8(23A)) : la moitié de la rémunération d’un premier emploi exercé à Chypre échappe à l’impôt jusqu’à dix-sept années fiscales, si elle dépasse 55 000 € par an, si l’emploi a débuté le 1er janvier 2022 ou après et si la personne n’a pas résidé à Chypre pendant les quinze années consécutives précédentes.

Dividendes et intérêts : le statut de non-domicilié fait l’écart

Aux Émirats, dividendes, intérêts et plus-values sur titres perçus à titre privé ne sont pas imposés.

À Chypre, dividendes et intérêts relèvent de la contribution spéciale à la défense (SDC), qui ne frappe que les résidents domiciliés. Depuis la réforme du 1er janvier 2026, le domicilié paie 5 % sur les dividendes tirés de bénéfices de 2026 et après, 17 % jusqu’au 31 décembre 2031 sur ceux qu’une société chypriote tire de bénéfices antérieurs, et 17 % sur les intérêts. Le non-domicilié est à 0 %.

Est réputée domiciliée la personne résidente fiscale de Chypre au moins 17 des 20 années précédentes : un nouvel arrivant échappe donc à la SDC. Depuis 2026, le statut se prolonge deux fois cinq ans, contre 250 000 € par période, pour qui n’a pas de domicile d’origine à Chypre.

La GESY de 2,65 % reste due, même par un non-domicilié, jusqu’à 180 000 € de revenus par an. L’exonération des dividendes à l’impôt sur le revenu est rapportée par PwC ; celle des intérêts figure dans la loi.

Les plus-values sur titres sont exonérées à Chypre, sauf actions de sociétés détenant de l’immobilier chypriote.

Activité et sociétés : 9 % aux Émirats, 15 % à Chypre

Aux Émirats, l’impôt sur les sociétés (décret-loi fédéral n° 47 de 2022) est de 0 % jusqu’à 375 000 AED de bénéfice imposable, de 9 % au-delà. Il atteint aussi la personne physique dont l’activité commerciale ou professionnelle dépasse 1 000 000 AED de chiffre d’affaires par année civile ; salaires, placements personnels et investissement immobilier privé n’entrent pas dans ce seuil.

En zone franche, une « Qualifying Free Zone Person » est imposée à 0 % sur ses revenus qualifiants et à 9 % sur le reste, sous conditions, de substance notamment.

À Chypre, l’impôt sur les bénéfices est passé de 12,5 % à 15 % au 1er janvier 2026.

TVA et loyer : les prélèvements du quotidien

Aux Émirats, la TVA est de 5 %, sans taux réduit. À Dubaï, le locataire paie à la municipalité 5 % de son loyer annuel ; la règle du propriétaire occupant reste à vérifier.

À Chypre, le taux normal de TVA est de 19 %, avec des taux réduits de 9 %, 5 % et 3 %. La taxe immobilière annuelle est supprimée depuis le 1er janvier 2017 ; les taxes communales restent à vérifier.

Combien de jours passer sur place

Aux Émirats, la décision du Cabinet n° 85 de 2022 tient pour résidente la personne qui y a sa résidence habituelle et le centre de ses intérêts, ou y a été présente 183 jours ou plus sur douze mois, ou 90 jours ou plus avec un permis de résidence valide et un logement permanent, un emploi ou une activité. Un visa n’est donc pas une résidence fiscale ; le Golden Visa immobilier (bien d’au moins 2 000 000 AED) dure 10 ans selon les autorités de Dubaï, 5 ans selon le portail fédéral : sa durée n’est pas établie.

À Chypre, est résident celui qui séjourne plus de 183 jours dans l’année, ou 60 jours au moins s’il ne réside pas plus de 183 jours dans un autre pays, exerce à Chypre une activité, un emploi ou un mandat et y dispose d’une résidence permanente. Depuis 2026, cette règle joue même pour le résident fiscal d’un autre État : un Français peut l’être des deux pays, et la convention départage.

Côté français, aucun seuil de jours ne suffit : en droit interne, un seul des trois critères de l’article 4 B du CGI maintient le domicile fiscal.

Deux conventions, deux répartitions

Avec les Émirats, la convention du 19 juillet 1989 comporte deux clauses à connaître. L’article 19 laisse imposable en France, « nonobstant toute autre disposition », le résident des Émirats resté fiscalement domicilié en France au sens du droit français. L’article 11 laisse à la France la plus-value de cession des titres d’une société française quand le cédant a droit, directement ou indirectement, à plus de 25 % de ses bénéfices. À l’inverse, l’article 8 écarte toute retenue française sur les dividendes versés à un résident des Émirats.

Avec Chypre, la convention du 18 décembre 1981 s’applique encore : celle du 11 décembre 2023, dont le Sénat a voté l’approbation le 19 février 2026, n’était pas en vigueur au 9 octobre 2026. Le texte de 1981 plafonne à 15 % la retenue française sur les dividendes, dont le taux interne est de 12,8 %, et réserve les plus-values de titres à l’État de résidence, sans clause de participation substantielle ; l’effet de la convention multilatérale sur ce point reste à vérifier.

L’exit tax, avec ou sans sursis automatique

L’article 167 bis du CGI vise le contribuable domicilié en France au moins six des dix années précédant son départ, dont les titres excèdent 800 000 € ou donnent droit à 50 % au moins des bénéfices d’une société. Pour un départ en 2026, la plus-value latente supporte 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %.

Le calcul est le même vers les deux destinations ; le paiement diffère. Vers Chypre, État membre de l’Union européenne, le sursis de paiement est automatique. Vers les Émirats, absents de la liste de la notice 2074-ETD publiée pour les transferts à compter du 1er janvier 2025, il se demande dans les 90 jours précédant le départ, avec un représentant fiscal établi en France et des garanties. Le dégrèvement intervient après deux ans sous 2 570 000 € de titres, cinq ans au-delà.

Revenus français, immobilier et prélèvements sociaux

Les deux conventions laissent à la France les loyers et les plus-values des immeubles français : barème avec un taux minimum de 20 %, puis 30 %, pour les loyers ; prélèvement de 19 % sur la plus-value ; prélèvements sociaux de 17,2 % dans les deux cas.

La personne affiliée à un régime de sécurité sociale de l’Espace économique européen est toutefois exonérée de CSG et de CRDS sur ses loyers français, et ne doit que le prélèvement de solidarité de 7,5 %. L’affiliation à Chypre ou aux Émirats, comme la couverture sociale, reste à vérifier avant le départ.

L’IFI reste dû au-delà de 1 300 000 € d’immobilier français net. L’article 16 A de la convention franco-émirienne vise l’ancien impôt de solidarité sur la fortune : sa transposition à l’IFI reste à vérifier.

Transmettre : ce que l’article 750 ter maintient

Chypre a abrogé ses droits de succession depuis le 1er janvier 2000, indique le Tax Department. Aux Émirats, il n’existe ni droits de succession ni impôt sur la fortune selon PwC, sans page officielle à l’appui.

L’article 750 ter du CGI maintient pourtant les droits français dans trois cas : le défunt domicilié en France, pour tous ses biens ; les biens situés en France ; l’héritier domicilié en France au jour de la transmission et au moins six des dix années précédentes, pour tout ce qu’il reçoit. En droit interne, partir ne règle que le premier cas.

L’article 17 de la convention franco-émirienne attribue les immeubles à l’État où ils sont situés, les meubles et les titres à l’État de résidence du défunt ; son articulation avec l’article 750 ter quand l’héritier vit en France reste à vérifier, comme l’existence d’une convention successorale avec Chypre.

Quant à la dévolution, le décret-loi fédéral émirien n° 41 de 2022 laisse aux résidents non musulmans le choix de la loi de leur pays d’origine ; les règles applicables sans testament restent à vérifier, comme la réserve héréditaire à Chypre.

Un exemple chiffré : 100 000 € de dividendes étrangers

Inès Carpentier, personnage fictif, a quitté la France depuis longtemps et reçoit 100 000 € de dividendes d’une société étrangère, tirés de bénéfices de 2026, selon trois hypothèses de résidence.

Émirats arabes unisChypre, non-domiciliéeChypre, domiciliée
Dividendes reçus100 000 €100 000 €100 000 €
Impôt sur le revenuAucunExonérés, selon PwCExonérés, selon PwC
Contribution spéciale à la défenseSans objet0 %5 %, soit 5 000 €
Contribution santé (GESY)Sans objet2,65 %, soit 2 650 €2,65 %, soit 2 650 €
Prélèvements locaux0 €2 650 €7 650 €

Le calcul suppose le plafond de la GESY non atteint. Il laisse de côté la retenue à la source du pays de la société (si elle est française : 12,8 %, soit 12 800 €, pour la résidente de Chypre, sans chiffrer l’élimination de la double imposition ; rien pour celle des Émirats), le taux de 17 % sur les bénéfices anciens des sociétés chypriotes, et l’exit tax due au départ de France.

Questions fréquentes

Y a-t-il un impôt sur le revenu à Dubaï et à Chypre ?

Les Émirats arabes unis n'en lèvent aucun sur les personnes physiques. Chypre applique un barème de 0 % jusqu'à 22 000 € à 35 % à partir de 72 001 € (loi N.244(I)/2025).

Comment sont imposés les dividendes à Chypre et à Dubaï ?

Aux Émirats, ils ne sont pas imposés. À Chypre, le non-domicilié doit la contribution santé de 2,65 %, les dividendes étant exonérés d'impôt sur le revenu selon PwC ; le domicilié y ajoute 5 % de contribution spéciale à la défense sur les dividendes tirés de bénéfices de 2026 et après.

Combien de temps dure le statut de non-domicilié à Chypre ?

Jusqu'à ce que la personne ait été résidente fiscale de Chypre 17 des 20 années précédentes. Depuis 2026, deux prolongations de cinq ans s'obtiennent contre 250 000 € chacune.

Combien de jours passer à Dubaï ou à Chypre pour y être résident fiscal ?

Aux Émirats, 183 jours ou plus sur douze mois, ou 90 jours ou plus sous conditions. À Chypre, plus de 183 jours dans l'année, ou 60 jours sous conditions. Aucun de ces seuils ne rompt à lui seul la résidence française.

L'exit tax s'applique-t-elle à un départ vers Dubaï ou vers Chypre ?

Oui, aux conditions de l'article 167 bis du CGI : 31,4 % en 2026 sur les plus-values latentes de titres dont la valeur excède 800 000 €. Le sursis de paiement est automatique vers Chypre ; vers les Émirats, il se demande, avec représentant fiscal et garanties.

Y a-t-il des droits de succession à Dubaï et à Chypre ?

Chypre n'en prélève plus depuis le 1er janvier 2000 ; aux Émirats, PwC n'en relève aucun, sans confirmation officielle. En droit interne, l'article 750 ter du CGI maintient les droits français sur les biens situés en France et sur ce que reçoit un héritier domicilié en France six des dix années précédentes ; l'effet de l'article 17 de la convention franco-émirienne reste à vérifier.

Sources

Code général des impôts, articles 4 B, 119 bis, 167 bis, 187, 197 A, 244 bis A et 750 ter · Notice 2074-ETD · Convention France-Émirats du 19 juillet 1989 · Convention France-Chypre du 18 décembre 1981 · Conventions fiscales de la France · Chypre, Tax Department : « Tax Residency/Domicility », contribution spéciale à la défense, GESY, successions et présentation de la loi N.244(I)/2025 · Union européenne, taux de TVA · Émirats, portail fédéral, « Taxation » · Federal Tax Authority, « Taxation of Natural Persons » · Décision du Cabinet n° 85 de 2022 · PwC : Émirats, autres impôts des particuliers et Chypre, détermination du revenu

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

Découvrir son parcours

Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

Pour aller plus loin

Applique-le à ta situation.

SAFIA réunit tes comptes et répond à tes questions à partir de tes chiffres, pas de cas généraux.

Télécharger l'app

Installer SAFIA

L'application est gratuite, sur iPhone et sur Android.

App Store iPhone et iPad Google Play Android

Ou scanne ce code avec ton téléphone : il t'enverra vers le magasin qui correspond à ton appareil.