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Floride, Texas, New York : la fiscalité État par État pour un Français

9 min de lecture Fiscalité comparée

Vérifié le 9 octobre 2026

Le tableau de synthèse

NiveauImpôt sur le revenuPlus-values à long termeSuccessionImpôt sur les sociétésTaxe sur les ventesTaxe foncière
Fédéral10 % à 37 %20 % au plus, plus 3,8 %40 % au plus21 %Accises cibléesAucune
FlorideAucunAucunAucun5,5 %6 %, plus 1 % à MiamiLocale, 0,78 %
TexasAucunInterditInterditsFranchise tax, 0,75 %6,25 %, 8,25 % à HoustonLocale, 1,40 %
New York, État et ville3,90 % à 10,9 %, puis 3,078 % à 3,876 %Aux deux barèmes3,06 % à 16 %6,5 %, puis 8,85 %8,875 % en ville1,30 % dans l’État

Règles de 2026. Chaque ligne d’État s’ajoute à la ligne fédérale. Les taux fonciers sont des moyennes de la Tax Foundation (données 2024), source secondaire.

Un socle fédéral identique dans les trois États

Le barème fédéral de 2026 compte sept taux (Internal Revenue Code, section 1 ; Revenue Procedure 2025-32). Pour un célibataire : 10 % dès le premier dollar de revenu imposable, puis 12 % au-delà de 12 400 $, 22 % (50 400 $), 24 % (105 700 $), 32 % (201 775 $), 35 % (256 225 $) et 37 % (640 600 $). Sa déduction forfaitaire est de 16 100 $.

Les plus-values à long terme (détention de plus d’un an) sont imposées à 0 %, 15 % ou 20 % : pour un célibataire, 15 % au-delà de 49 450 $ de revenu imposable et 20 % au-delà de 545 500 $. S’y ajoute la Net Investment Income Tax de 3,8 % quand son revenu dépasse 200 000 $.

Les droits de succession fédéraux atteignent 40 % au plus, après un abattement de 15 000 000 $ par personne en 2026. L’impôt sur les sociétés est de 21 % du bénéfice imposable.

Floride et Texas : l’absence d’impôt d’État sur le revenu est constitutionnelle

En Floride, l’article VII, section 5 de la Constitution interdit à l’État de lever, sur le revenu des personnes physiques comme sur les successions, un impôt supérieur à ce qui s’imputerait sur un impôt fédéral : zéro en pratique.

Au Texas, l’interdiction est directe : l’article VIII, section 24-a de la Constitution interdit l’impôt sur le revenu net des personnes physiques. Le 4 novembre 2025 s’y sont ajoutées la section 24-b, qui interdit un impôt sur les plus-values, réalisées ou latentes, et la section 26, qui interdit les droits de succession et de donation. Dans les deux États, l’impôt fédéral reste dû.

New York : un barème d’État, puis celui de la ville

Le barème 2026 de l’État compte neuf taux, de 3,90 % à 10,9 % : pour un célibataire, 6,85 % au-delà de 215 400 $ et 9,65 % au-delà de 1 077 550 $. Il vient des instructions d’acomptes de 2026 (formulaire IT-2105), les tables annuelles de 2026 n’étant pas publiées au 9 octobre 2026.

La ville ajoute son impôt, dû par ses seuls résidents : quatre taux, de 3,078 % à 3,876 %, le dernier au-delà de 50 000 $ pour un célibataire. Aucun des deux barèmes n’a de taux réduit pour les plus-values à long terme : la section 612 de la Tax Law part du revenu brut ajusté fédéral et ne les en retranche pas.

La section 605 de la même loi tient pour résident celui qui est domicilié dans l’État, mais aussi celui qui y maintient un logement permanent et y passe plus de 183 jours dans l’année. L’administration précise : un logement maintenu pendant la quasi-totalité de l’année, et 184 jours ou plus. La règle vaut pour la ville. Un résident de Floride qui garde un appartement à Manhattan et dépasse ce seuil est imposé comme résident par l’État et par la ville.

L’État prélève aussi des droits de succession, de 3,06 % à 16 % (section 952), avec un abattement de 7 350 000 $ en 2026. Un effet de falaise s’y attache : le crédit qui neutralise l’impôt se réduit entre 100 % et 105 % de l’abattement, puis disparaît, et l’impôt porte alors sur toute la succession.

Les contreparties : foncier, ventes, sociétés

Taxe foncière. Elle est locale : la Constitution de Floride interdit à l’État d’en lever une, et le Texas n’en a pas au niveau de l’État. Les taux effectifs moyens viennent d’une source secondaire, la Tax Foundation (données 2024) : 0,78 % en Floride, 1,40 % au Texas, 1,30 % dans l’État de New York.

Pour la résidence principale, la Floride exonère 25 000 $ de valeur de toutes les taxes, plus 26 411 $ en 2026 hors taxes scolaires ; le Texas, 140 000 $ des taxes scolaires depuis les votes du 4 novembre 2025.

En Floride, un amendement constitutionnel portant sur cette exonération est soumis au vote le 3 novembre 2026 ; son résultat n’est pas connu au 9 octobre 2026.

Taxe sur les ventes. 6 % en Floride, plus 1 % dans le comté de Miami-Dade. 6,25 % au Texas, que les collectivités peuvent porter à 8,25 % au plus. À New York, la ville affiche 8,875 % au total, dont 4 % pour l’État.

Sociétés. À l’impôt fédéral de 21 % s’ajoutent : en Floride, 5,5 % ; au Texas, une franchise tax assise sur la marge, de 0,75 % dans le cas général, sans impôt dû sous 2 650 000 $ de chiffre d’affaires annualisé ; à New York, dans le cas général, 6,5 % pour l’État et 8,85 % pour la ville.

Ce qui ne dépend pas de l’État choisi

Les citoyens et les résidents des États-Unis sont imposables sur leurs revenus de toutes sources, y compris quand ils vivent à l’étranger. Est résident le titulaire d’une carte verte, tant que son statut n’a pas été abandonné par écrit ou retiré : laisser la carte expirer ne suffit pas. L’est aussi celui qui remplit le test de présence substantielle : au moins 31 jours dans l’année et 183 jours sur trois ans, ceux des deux années précédentes comptant pour un tiers et un sixième.

Une taxe d’expatriation vise les citoyens qui renoncent à leur nationalité et les titulaires d’une carte verte pendant au moins 8 des 15 dernières années, notamment quand leur patrimoine net atteint 2 000 000 $ : leurs plus-values latentes sont imposées après une franchise de 910 000 $ en 2026.

Le résident déclare ses comptes financiers étrangers (FBAR) dès que leur total dépasse 10 000 $ à un moment de l’année. Le formulaire 8938 s’y ajoute, pour un célibataire, au-delà de 50 000 $ au dernier jour de l’année ou de 75 000 $ à un moment de l’année. Un contrat d’assurance-vie étranger à valeur de rachat et les fonds d’investissement étrangers figurent sur les deux.

Le régime des PFIC (« passive foreign investment companies ») vise les sociétés étrangères dont 75 % au moins du revenu brut est passif, ou dont 50 % au moins des actifs produisent un revenu passif : formulaire 8621 et, par défaut, impôt distinct assorti d’un intérêt de retard. Aucune position officielle de l’IRS nommant l’assurance-vie française ou le PEA n’a été trouvée : leur traitement est à faire valider par un conseil avant l’installation.

La succession d’un défunt ni résident ni citoyen donne lieu au formulaire 706-NA dès que ses biens situés aux États-Unis, immeubles et actions de sociétés américaines compris, dépassent 60 000 $ ; le crédit d’impôt est de 13 000 $ au plus.

Deux conventions avec la France, au seul niveau fédéral

La convention du 31 août 1994 sur le revenu et la fortune ne couvre, côté américain, que des impôts fédéraux (article 2) : ceux de l’État et de la ville de New York n’y figurent pas. Sa clause de sauvegarde (article 29) laisse les États-Unis imposer leurs résidents et leurs citoyens « comme si la Convention n’existait pas ».

La convention du 24 novembre 1978 sur les successions et les donations ne couvre de même que les droits fédéraux : ceux de l’État de New York restent hors champ. Selon son article 8, les biens que les articles 5 à 7 ne visent pas, « y compris les actions ou parts de capital d’une société », ne sont imposables par un État que si le défunt en avait la citoyenneté ou y était domicilié. Ce texte écarte-t-il l’impôt américain sur les actions américaines d’un défunt domicilié en France et non citoyen ? La question reste ouverte, à faire confirmer par un fiscaliste.

L’accord de sécurité sociale du 2 mars 1987 couvre l’invalidité, la vieillesse et les survivants, pas la maladie.

La France continue d’imposer les revenus de source française du non-résident et, à l’IFI, son patrimoine immobilier français net de plus de 1 300 000 € ; l’exit tax (CGI, article 167 bis) peut frapper au départ celui dont les titres excèdent 800 000 €.

Visas d’investisseur : les montants établis

Le visa E-2, non immigrant, est ouvert aux Français en vertu d’un traité. Aucun montant minimal n’est fixé : l’investissement doit être « substantiel ». Le visa EB-5, qui mène à la carte verte, exige 1 050 000 $, ou 800 000 $ en zone d’emploi ciblée ou pour un projet d’infrastructure, et au moins dix emplois à temps plein. Ces montants seront indexés pour les demandes déposées à compter du 1er janvier 2027.

Un exemple chiffré : la même plus-value dans trois villes

Antoine Mercier, personnage fictif, célibataire et résident fiscal américain, a 600 000 $ de revenu imposable. Il réalise 400 000 $ de plus-value sur des actions détenues depuis plus d’un an. Son revenu dépasse déjà le seuil du taux fédéral de 20 % et celui de la taxe de 3,8 %. À New York, entre 600 000 $ et 1 000 000 $ de revenu, la plus-value relève de la tranche d’État à 6,85 % et de celle de la ville à 3,876 %.

Miami ou HoustonNew York (ville)
Impôt fédéral, 20 % de 400 000 $80 000 $80 000 $
Taxe fédérale de 3,8 %15 200 $15 200 $
Impôt de l’ÉtatAucun6,85 %, soit 27 400 $
Impôt de la ville de New YorkSans objet3,876 %, soit 15 504 $
Total95 200 $138 104 $
Part de la plus-value23,8 %34,526 %

L’impôt fédéral est identique, 95 200 $ ; les 42 904 $ d’écart viennent de New York seul. Le calcul, fait sur le même revenu imposable aux trois niveaux, laisse de côté la déduction fédérale, plafonnée, des impôts d’État, le mécanisme de rattrapage que les instructions de New York prévoient pour les revenus élevés, et l’exit tax française éventuelle.

Questions fréquentes

Y a-t-il un impôt sur le revenu en Floride et au Texas ?

Aucun impôt d'État sur le revenu des personnes physiques : la Constitution de Floride (article VII, section 5) et celle du Texas (article VIII, section 24-a) l'excluent. L'impôt fédéral reste dû, de 10 % à 37 % en 2026.

Comment sont imposées les plus-values à New York ?

Le niveau fédéral les impose à 20 % au plus quand elles sont à long terme, plus 3,8 %. L'État de New York y ajoute son barème, jusqu'à 10,9 %, et la ville le sien, jusqu'à 3,876 %, sans taux réduit : pour un résident de la ville, 38,576 % en additionnant les quatre taux maximaux.

À partir de combien de jours est-on résident fiscal de New York ?

La section 605 de la Tax Law tient pour résident celui qui maintient un logement permanent dans l'État et y passe plus de 183 jours dans l'année, soit 184 jours ou plus selon l'administration. Le domicile est l'autre critère.

Quels droits de succession en Floride, au Texas et à New York ?

L'abattement fédéral est de 15 000 000 $ en 2026, le taux maximal de 40 %. La Floride ne prélève aucun droit, la Constitution du Texas les interdit depuis le 4 novembre 2025, et l'État de New York impose de 3,06 % à 16 % avec un abattement de 7 350 000 $.

La convention fiscale franco-américaine couvre-t-elle les impôts de New York ?

Non. La convention du 31 août 1994 ne couvre, côté américain, que des impôts fédéraux (article 2), et celle du 24 novembre 1978 les seuls droits fédéraux de succession et de donation : les impôts de l'État et de la ville de New York restent hors champ.

Un Français titulaire d'une carte verte reste-t-il imposable après son départ des États-Unis ?

Oui, tant que son statut n'a pas été abandonné par écrit ou retiré : il reste imposable sur ses revenus de toutes sources. Après 8 années de carte verte sur les 15 dernières, l'abandon peut relever de la taxe d'expatriation.

Sources

Revenue Procedure 2025-32 · IRS, instructions du formulaire 706 · IRS, instructions du formulaire 706-NA · IRS, formulaire 8938 et FBAR · Constitution de l'État de Floride, article VII · Constitution du Texas, article VIII · Texas Comptroller, Franchise tax · État de New York, instructions IT-2105 pour 2026 · Tax Law de New York, section 605 · Tax Law de New York, section 952 · Tax Foundation, Property taxes by state and county, source secondaire · Convention franco-américaine du 31 août 1994, articles 2 et 29 · Convention franco-américaine du 24 novembre 1978, articles 2 et 8 · CLEISS, accord de sécurité sociale franco-américain · USCIS, About the EB-5 visa classification

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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Cet article a une vocation informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 541-1 du Code monétaire et financier, ni une incitation à souscrire un produit. Les taux et seuils cités sont ceux en vigueur à la date de publication et peuvent évoluer. Avertissement complet

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