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Miami ou New York : même impôt fédéral, deux fiscalités locales

12 min de lecture Fiscalité comparée

Vérifié le 9 octobre 2026

Le tableau de synthèse

Miami (Floride)New York (État et ville)
Impôt fédéral sur le revenu10 % à 37 %10 % à 37 %, identique
Impôt d’État sur le revenuAucun3,90 % à 10,9 %
Impôt de la ville sur le revenuAucun, par déduction du texte constitutionnel3,078 % à 3,876 %
Plus-values à long termeFédéral seul : 20 % au plus, plus 3,8 %Fédéral, plus les deux barèmes locaux, sans taux réduit
SuccessionFédéral seul : 40 % au plusFédéral, plus 3,06 % à 16 % pour l’État
Impôt sur les sociétésFédéral 21 %, puis 5,5 %Fédéral 21 %, puis 6,5 % (État) et 8,85 % (ville)
Taxe sur les ventes6 %, plus 1 % dans le comté de Miami-Dade8,875 % au total
Taxe foncièreLocale ; 0,81 % dans le comté de Miami-DadeLocale ; 0,71 % à Manhattan, borne basse
Règle de résidenceAucun test d’État pour l’impôt sur le revenuDomicile, ou logement permanent et plus de 183 jours

Règles de 2026. Les taux fonciers sont des moyennes de la Tax Foundation (données 2024), source secondaire.

Le même impôt fédéral dans les deux villes

Le barème fédéral de 2026 compte sept taux, de 10 % à 37 % (Revenue Procedure 2025-32). Pour un célibataire, 12 % s’appliquent au-delà de 12 400 $ de revenu imposable, 22 % au-delà de 50 400 $, 24 % au-delà de 105 700 $ et 37 % au-delà de 640 600 $.

Les plus-values à long terme, sur des titres détenus plus d’un an, sont imposées à 0 %, 15 % ou 20 %, ce dernier taux au-delà de 545 500 $ de revenu imposable pour un célibataire. La Net Investment Income Tax de 3,8 % s’y ajoute quand son revenu dépasse 200 000 $.

Au décès, les droits fédéraux vont jusqu’à 40 %, une fois dépassé l’abattement de 15 000 000 $ par personne prévu pour 2026. Les sociétés paient un impôt fédéral de 21 % sur leur bénéfice imposable.

Ce que New York ajoute sur le revenu

Le barème de l’État. Neuf taux pour un célibataire : 3,90 % dès le premier dollar, 4,40 % au-delà de 8 500 $, 5,15 % au-delà de 11 700 $, 5,40 % au-delà de 13 900 $, 5,90 % au-delà de 80 650 $, 6,85 % au-delà de 215 400 $, 9,65 % au-delà de 1 077 550 $, 10,3 % au-delà de 5 000 000 $ et 10,9 % au-delà de 25 000 000 $. Ces chiffres viennent des instructions d’acomptes de 2026 (formulaire IT-2105) : les tables annuelles de 2026 n’étaient pas publiées au 9 octobre 2026. Une baisse de 0,2 point au total est étalée sur 2026 et 2027 pour les revenus jusqu’à 215 400 $.

L’impôt de la ville. Il ne vise que les résidents de la ville de New York. Quatre taux pour un célibataire, tirés des mêmes instructions : 3,078 % dès le premier dollar, 3,762 % au-delà de 12 000 $, 3,819 % au-delà de 25 000 $ et 3,876 % au-delà de 50 000 $.

Les plus-values. La section 612 de la Tax Law définit le revenu brut ajusté de l’État comme le revenu brut ajusté fédéral, corrigé par une série de modifications ; aucune de celles relevées ne retranche les plus-values à long terme ni les dividendes qualifiés. Ils passent donc aux deux barèmes, sans taux réduit.

L’indépendant. La ville prélève en outre une unincorporated business tax de 4 % du revenu imposable affecté à la ville, sur les activités exercées par une personne, une société de personnes ou une LLC. La Floride n’a pas d’équivalent.

Des droits de succession d’État, avec un effet de falaise

Les droits de succession de l’État de New York s’ajoutent aux droits fédéraux. Leur barème va de 3,06 % à 16 %, ce dernier taux au-delà de 10 100 000 $ de succession taxable (Tax Law, section 952). L’abattement est de 7 350 000 $ pour les décès de 2026.

Le crédit qui neutralise l’impôt sous l’abattement se réduit entre 100 % et 105 % de l’abattement, puis disparaît : au-delà, l’impôt porte sur la totalité de la succession. Les instructions du formulaire ET-706 donnent les bornes de 2025, 7 160 000 $ et 7 518 000 $. Celles de 2026 n’étaient pas en ligne au 9 octobre 2026 : la même règle appliquée à l’abattement de 2026 donnerait 7 717 500 $ (7 350 000 $ × 1,05), résultat d’un calcul et non chiffre officiel.

Ce que la Floride n’ajoute pas, et pourquoi

L’absence d’impôt sur le revenu tient à la Constitution de Floride. Son article VII, section 5(a) interdit de lever, « by the state, or under its authority », un impôt sur les successions ou sur le revenu des personnes physiques résidentes ou citoyennes de l’État qui dépasserait ce qui peut s’imputer sur un impôt de même nature levé par les États-Unis ou par un État. L’interdiction est indirecte ; en pratique, l’impôt est nul.

Elle vaut pour les salaires, les dividendes, les intérêts et les plus-values d’une personne physique, comme pour les successions et les donations.

Aucun texte propre à la ville de Miami n’a été relevé : l’absence d’impôt municipal sur le revenu se déduit des mots « under its authority ».

Ce que la Floride prélève autrement

La taxe foncière. Elle est entièrement locale, la Constitution interdisant à l’État d’en lever une (article VII, section 1). La résidence principale, où le propriétaire doit avoir sa résidence permanente, est exonérée de 25 000 $ de valeur pour toutes les taxes, puis, hors taxes scolaires, de 26 411 $ en 2026 sur la valeur au-delà de 50 000 $. Sa valeur imposable ne peut augmenter de plus de 3 % par an, ou de l’inflation si elle est inférieure ; elle est remise à la valeur de marché après un changement de propriétaire. Pour une résidence secondaire ou un bien loué, cas du Français non résident propriétaire à Miami, la hausse annuelle de la valeur imposable est plafonnée à 10 %, hors taxes scolaires.

Aucun taux effectif officiel n’a été relevé pour la Floride. Selon la Tax Foundation, source secondaire, sur des données de 2024, la taxe représente 0,81 % de la valeur des logements occupés par leur propriétaire dans le comté de Miami-Dade, contre 0,71 % à Manhattan et 0,56 % à Brooklyn. Le chiffre de Manhattan est une borne basse, la source y plafonnant l’impôt médian.

En Floride, un amendement constitutionnel relatif à la taxe foncière est soumis au vote le 3 novembre 2026 ; son résultat n’est pas connu au 9 octobre 2026. À New York, le budget signé le 28 mai 2026 crée une surtaxe sur les résidences secondaires de la ville valant 5 000 000 $ ou plus, dont le barème et la date d’effet restent à vérifier.

La taxe sur les ventes. L’État de Floride prélève 6 %, et le comté de Miami-Dade une surtaxe de 1 % en 2026, soit 7 % par addition. À New York, le Department of Finance de la ville affiche 8,875 % au total.

L’impôt sur les sociétés. La Floride prélève 5,5 % du bénéfice, après une exonération de 50 000 $ de revenu net. À New York, l’État prélève 6,5 % dans le cas général et la ville 8,85 %. Les taux de New York ne s’additionnent pas tels quels à l’impôt fédéral de 21 %, les impôts locaux étant déductibles de la base fédérale.

Aucun de ces trois postes n’est propre à la Floride : New York taxe aussi le foncier, les ventes et les sociétés. Ce qui n’existe que d’un côté, c’est l’impôt local sur le revenu, plus-values comprises, et les droits de succession d’État.

S’installer à Miami ne suffit pas toujours à quitter New York

La section 605 de la Tax Law ouvre deux portes d’entrée dans la résidence de l’État. La première est le domicile. La seconde, la résidence statutaire, vise celui qui maintient dans l’État un logement permanent et y passe au total plus de 183 jours dans l’année.

Selon l’administration de l’État, le logement permanent est une résidence maintenue de façon permanente, que l’on en soit propriétaire ou non, utilisable toute l’année et conservée pendant la quasi-totalité de celle-ci. Le seuil est de 184 jours ou plus : 183 jours ne suffisent pas. La définition du résident de la ville reprend celle de l’État.

La Floride, elle, n’a aucun test de résidence pour un impôt sur le revenu qu’elle ne lève pas. Un contribuable installé à Miami qui garde un appartement à Manhattan et y passe plus de 183 jours dans l’année est imposé comme résident par l’État et par la ville. Ce décompte annuel est distinct du test fédéral de présence, qui porte sur trois années.

Quatre points restent à faire préciser par un fiscaliste local : la façon dont le domicile s’apprécie après un départ, les exceptions prévues pour la personne domiciliée dans l’État, le décompte d’une journée incomplète et la preuve du nombre de jours.

Ce qui ne dépend pas de la ville

Plusieurs règles qui comptent pour un Français sont fédérales ou françaises, donc identiques dans les deux villes.

Le revenu mondial. Les citoyens et les résidents des États-Unis sont imposables sur leurs revenus de toutes sources. La résidence fédérale s’acquiert par la carte verte, tant que le statut n’a pas été abandonné par écrit ou retiré, ou par le test de présence substantielle : au moins 31 jours dans l’année et 183 jours sur trois ans, les deux années précédentes comptant pour un tiers et un sixième.

Les déclarations. Le résident déclare ses comptes financiers étrangers (FBAR) quand leur total dépasse 10 000 $ à un moment de l’année. Le formulaire 8938 s’y ajoute, pour un célibataire, au-delà de 50 000 $ au dernier jour de l’année ou de 75 000 $ à un moment de l’année.

Les conventions. La convention du 31 août 1994 ne couvre, côté américain, que des impôts fédéraux (article 2), et sa clause de sauvegarde (article 29) laisse les États-Unis imposer leurs résidents et leurs citoyens « comme si la Convention n’existait pas ». Celle du 24 novembre 1978 ne couvre de même que les droits fédéraux de succession et de donation. L’impôt sur le revenu de l’État et de la ville de New York, et les droits de succession de l’État, restent hors du champ des deux textes.

La succession du non-résident. Pour un défunt ni résident ni citoyen, le formulaire 706-NA doit être déposé dès que ses biens situés aux États-Unis, immeubles compris, dépassent 60 000 $ ; le crédit d’impôt est de 13 000 $ au plus.

Ce que la France garde. Les revenus de source française du non-résident restent imposables en France, sous réserve de la convention. Son patrimoine immobilier français net de plus de 1 300 000 € reste soumis à l’IFI, et l’exit tax (CGI, article 167 bis) peut s’appliquer au départ quand les titres excèdent 800 000 €.

Un exemple chiffré : 100 000 $ de revenu imposable à Miami, puis à New York

Camille Renaud, personnage fictif, est célibataire, salariée et résidente fiscale américaine. Son salaire laisse, après déductions, 100 000 $ de revenu imposable. Par hypothèse, la même base est retenue aux trois niveaux, et Camille Renaud réside toute l’année dans la même ville.

MiamiNew York (ville)
Fédéral, 10 % de 12 400 $1 240 $1 240 $
Fédéral, 12 % de 38 000 $4 560 $4 560 $
Fédéral, 22 % de 49 600 $10 912 $10 912 $
Impôt fédéral16 712 $16 712 $
État, 3,90 % de 8 500 $Aucun331,50 $
État, 4,40 % de 3 200 $Aucun140,80 $
État, 5,15 % de 2 200 $Aucun113,30 $
État, 5,40 % de 66 750 $Aucun3 604,50 $
État, 5,90 % de 19 350 $Aucun1 141,65 $
Impôt de l’ÉtatAucun5 331,75 $
Ville, 3,078 % de 12 000 $Sans objet369,36 $
Ville, 3,762 % de 13 000 $Sans objet489,06 $
Ville, 3,819 % de 25 000 $Sans objet954,75 $
Ville, 3,876 % de 50 000 $Sans objet1 938,00 $
Impôt de la villeSans objet3 751,17 $
Total16 712 $25 794,92 $

L’impôt fédéral est identique. L’écart, 9 082,92 $, vient de New York seul : un peu plus de 9 % du revenu imposable.

Ce calcul par tranches ne reprend ni les déductions propres à chaque niveau (la déduction forfaitaire fédérale d’un célibataire est de 16 100 $ en 2026), ni les crédits d’impôt, ni les cotisations sociales, ni la déduction fédérale des impôts d’État et locaux, plafonnée à 40 400 $ en 2026. Il ne reprend pas non plus le mécanisme de rattrapage que les instructions de New York prévoient pour les revenus élevés. Le montant dû à New York est à faire confirmer sur les tables annuelles de 2026, une fois publiées.

Questions fréquentes

Paie-t-on un impôt sur le revenu à Miami ?

L'impôt fédéral, oui : de 10 % à 37 % en 2026. La Floride n'y ajoute aucun impôt d'État sur le revenu des personnes physiques, l'article VII, section 5 de sa Constitution l'excluant en pratique. L'absence d'impôt municipal à Miami se déduit du même texte.

Quel impôt sur le revenu paie un résident de la ville de New York en 2026 ?

Trois impôts se cumulent : le barème fédéral, de 10 % à 37 %, celui de l'État, de 3,90 % à 10,9 %, et celui de la ville, de 3,078 % à 3,876 %. Les barèmes de l'État et de la ville viennent des instructions d'acomptes IT-2105 de 2026, les tables annuelles n'étant pas publiées au 9 octobre 2026.

Suffit-il de déménager à Miami pour ne plus être imposé par New York ?

Non. La section 605 de la Tax Law tient pour résident celui qui maintient un logement permanent dans l'État et y passe plus de 183 jours dans l'année, soit 184 jours ou plus selon l'administration. Celui qui garde un appartement à Manhattan et dépasse ce seuil reste imposé par l'État et par la ville. Le domicile est l'autre critère de résidence.

Les plus-values sont-elles imposées différemment à Miami et à New York ?

Le niveau fédéral est le même : 20 % au plus sur une plus-value à long terme, plus 3,8 %. La Floride n'ajoute rien. L'État et la ville de New York appliquent leurs barèmes, jusqu'à 10,9 % et 3,876 %, sans taux réduit.

Quels sont les droits de succession à New York et en Floride ?

Les droits fédéraux s'appliquent dans les deux cas : 40 % au plus, après un abattement de 15 000 000 $ en 2026. La Floride n'en prélève aucun. L'État de New York impose de 3,06 % à 16 %, avec un abattement de 7 350 000 $ en 2026 qui disparaît quand la succession dépasse 105 % de ce montant.

La taxe sur les ventes et la taxe foncière sont-elles plus lourdes à Miami ?

La taxe sur les ventes est de 6 % plus 1 % à Miami, contre 8,875 % au total à New York selon le Department of Finance de la ville. Pour la taxe foncière, la Tax Foundation (données 2024) relève 0,81 % dans le comté de Miami-Dade et 0,71 % à Manhattan, ce dernier chiffre étant une borne basse.

Sources

Revenue Procedure 2025-32 · IRS, Topic no. 559, Net investment income tax · IRS, instructions du formulaire 706 · Constitution de l'État de Floride, article VII, sections 1, 4, 5 et 6 · Florida Department of Revenue, Sales and use tax · Florida Department of Revenue, surtaxes de comté pour 2026 (formulaire DR-15DSS) · État de New York, instructions IT-2105 pour 2026 · Tax Law de New York, section 605 · Tax Law de New York, section 952 · État de New York, droits de succession, abattement de 2026 · État de New York, instructions du formulaire ET-706 · Ville de New York, Department of Finance, taxe sur les ventes · Tax Foundation, Property taxes by state and county, données 2024, source secondaire · Convention franco-américaine du 31 août 1994, articles 2 et 29 · Convention franco-américaine du 24 novembre 1978, article 2

Maxime Bouché

Conseiller en investissements financiers et courtier en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26008152, membre de la CNCGP. Fondateur de SAFIA.

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